17.06.2025












Faire le tour du Massif de la Chartreuse en 4 jours, c’est bien plus qu’une randonnée : c’est un défi physique, une immersion en pleine nature et une aventure au cœur de l’un des massifs emblématiques des Alpes françaises. Au programme : environ 70 kilomètres, plus de 5 000 mètres de dénivelé positif, des sommets dépassant les 2 000 mètres, des cascades et de vastes alpages.
Cette itinérance nécessite toutefois une bonne préparation physique et logistique. Les conditions météorologiques peuvent évoluer rapidement en montagne, certains passages sont techniques et l’accès à l’eau doit être anticipé selon les étapes. L’orientation et le choix du matériel sont également essentiels pour parcourir le massif dans de bonnes conditions.
Dans ce guide, je vous partage notre itinéraire jour après jour pour réaliser le tour de la Chartreuse en 4 étapes, ainsi que mes conseils issus de cette expérience. Pour les marques, agences et acteurs du tourisme, cette aventure montre également tout le potentiel de la montagne comme terrain de création pour produire des contenus photo et vidéo autour de l’outdoor et du voyage.
Le Col de Porte, situé à 1 326 mètres d’altitude, marque le départ de cette première étape de notre Tour du Massif de la Chartreuse. Facilement accessible depuis Grenoble, il permet de rejoindre rapidement les sentiers et de commencer l’ascension vers les sommets du massif.
Dès les premiers kilomètres, la route laisse place aux sentiers et à une forêt dense et moussue typique de la Chartreuse. La pente se fait progressivement plus soutenue et les premiers centaines de mètres de dénivelé donnent immédiatement le ton de cette journée. Entre racines, sous-bois et premières ouvertures sur les montagnes, l’immersion est immédiate.
Conseil randonnée : partez tôt pour profiter de températures plus fraîches et disposer d’une marge suffisante pour effectuer l’étape. Pour les photographes, le début de matinée permet également de profiter d’une lumière rasante particulièrement intéressante dans les sous-bois.
Matériel conseillé : bâtons de randonnée, application GPS avec cartes disponibles hors connexion, réserve d’eau suffisante et système de vêtements adapté aux changements rapides de météo en montagne.

Aux alentours de 1 800 mètres d’altitude, le paysage change brusquement. La forêt laisse place aux pentes d’alpage et aux imposantes falaises calcaires caractéristiques du massif de la Chartreuse.
Culminant à 2 062 mètres d’altitude, la Dent de Crolles offre un panorama spectaculaire sur la vallée du Grésivaudan et les massifs environnants. Sa silhouette caractéristique en fait l’un des sommets emblématiques de la Chartreuse, apprécié des randonneurs, grimpeurs, spéléologues et photographes.
Pour atteindre le sommet, les derniers passages demandent davantage d’attention. Le sentier devient plus technique, rocailleux et parfois exposé. De bonnes chaussures sont indispensables et des bâtons télescopiques peuvent être utiles sur une partie de l’itinéraire.
Au sommet, le paysage s’ouvre complètement. D’un côté, la vallée du Grésivaudan ; de l’autre, les reliefs du Parc naturel régional de Chartreuse. C’est l’endroit idéal pour faire une pause, déjeuner et profiter des possibilités photographiques offertes par ce panorama.
La Dent de Crolles est également connue pour son important réseau souterrain, qui en fait un site majeur pour la spéléologie. Après cette pause, notre itinéraire se poursuit en direction des crêtes et des hauts plateaux de Chartreuse.
Selon l’itinéraire choisi, plusieurs solutions permettent de passer la nuit : rejoindre un hébergement ou un refuge accessible sur le parcours, ou prévoir un bivouac dans les secteurs où celui-ci est autorisé. Les règles peuvent varier selon les espaces protégés traversés : il est donc indispensable de consulter la réglementation officielle du Parc naturel régional de Chartreuse et de la Réserve naturelle nationale des Hauts de Chartreuse avant le départ.
Dans tous les cas, prévoyez un équipement adapté aux températures nocturnes et aux changements rapides de météo, emportez vos déchets et limitez au maximum votre impact sur les espaces naturels traversés.

Dès l’aube, les premiers rayons du soleil viennent éclairer les crêtes. La lumière rasante et dorée transforme progressivement les reliefs de la Chartreuse, tandis que la Dent de Crolles s’éloigne derrière nous tout en restant visible pendant une partie de la matinée.
Le sentier descend légèrement avant de remonter en direction du col de Bellefont, à environ 1 900 mètres d’altitude. Sur cette partie de l’itinéraire, les paysages s’ouvrent largement sur les vallées et les sommets environnants. Le chemin est globalement bien marqué, mais certaines sections plus exposées demandent de rester attentif et de bien assurer ses appuis.
Conseil photo : un objectif polyvalent comme un 24-70 mm permet de photographier aussi bien les paysages que les détails rencontrés sur le parcours. Un téléobjectif léger peut également être intéressant pour isoler les crêtes et jouer avec la succession des plans. Le matin, les contrastes entre falaises, alpages et lumière rasante offrent certaines des meilleures conditions photographiques de l’étape.

En contrebas du parcours se trouve le chalet de l’Aulp du Seuil, au cœur des alpages de Chartreuse. Entouré de vastes prairies et dominé par les falaises calcaires, le secteur offre un cadre idéal pour faire une pause avant de poursuivre l’itinéraire.
Le secteur permet également d’observer la faune caractéristique du massif. Avec un peu de patience et de discrétion, il est notamment possible d’apercevoir bouquetins, marmottes et rapaces dans les reliefs environnants.
Conseil randonnée : profitez de cette pause pour retirer vos chaussures quelques minutes, laisser vos pieds respirer, vous hydrater et vérifier votre équipement avant de reprendre la marche. Si vous prévoyez de vous ravitailler en eau sur le parcours, vérifiez toujours la présence et l’état des points d’eau avant votre départ et prévoyez un système de filtration adapté.

La descente vers le Cirque de Saint-Même est longue et demande de l’attention, mais elle offre un changement de décor spectaculaire. On quitte progressivement les paysages ouverts pour retrouver la forêt. Le sentier devient plus étroit, la végétation plus dense et le bruit de l’eau accompagne les derniers kilomètres avant d’atteindre le cirque.
Au pied des imposantes falaises calcaires de Chartreuse, le Cirque de Saint-Même dévoile un paysage marqué par ses cascades, ses cours d’eau et sa végétation particulièrement dense. Après plusieurs heures passées sur les crêtes et dans les alpages, l’atmosphère devient complètement différente et offre également de nouvelles possibilités photographiques.
Conseil randonnée : certains sentiers peuvent être humides et glissants, notamment après la pluie. Prenez votre temps dans la descente, utilisez vos bâtons lorsque le terrain le permet et restez particulièrement vigilant sur les portions rocheuses.

Après cette longue journée de marche, nous rejoignons Saint-Pierre-d’Entremont, village situé entre l’Isère et la Savoie. C’est une étape particulièrement pratique pour se ravitailler pendant le Tour de la Chartreuse, avec plusieurs commerces, hébergements et services permettant de préparer la suite de l’itinéraire.
Pour les photographes et vidéastes partis plusieurs jours en autonomie, c’est également l’occasion de recharger les batteries des appareils photo, drones et batteries externes avant de repartir sur les sentiers.
Profitez enfin de cette étape pour découvrir quelques spécialités locales et les fromages du massif de la Chartreuse. Après plusieurs heures de randonnée, difficile de trouver meilleure façon de terminer la journée.

Nous quittons Saint-Pierre-d’Entremont au petit matin, les jambes encore marquées par les efforts de la veille. Le ciel est dégagé, l’air frais et la forêt nous accompagne dès les premiers kilomètres. C’est le début de l’étape la plus longue de notre Tour de la Chartreuse : environ 23 kilomètres, plus de 1 600 mètres de dénivelé positif et un sommet emblématique en ligne de mire, le Grand Som, culminant à 2 026 mètres.
Sur le papier, l’itinéraire est déjà exigeant. Mais cette troisième journée va surtout être marquée par les imprévus, les changements de terrain et les décisions à prendre au fil de notre progression.
Nous quittons progressivement l’itinéraire principal pour emprunter des sentiers plus sauvages, moins fréquentés et parfois plus techniques. Le paysage change rapidement : passages rocheux, forêt dense, mousse et silence donnent à cette partie de l’itinéraire une atmosphère complètement différente des journées précédentes.
Nous atteignons ensuite l’oratoire de Nère-Fontaine, isolé au cœur du massif, avant de poursuivre notre ascension vers le col de Bovinant, à environ 1 640 mètres d’altitude. C’est ici qu’une décision importante doit être prise : tenter l’ascension du Grand Som ou poursuivre directement notre itinéraire vers la prochaine étape.


Depuis le col de Bovinant, la tentation de rejoindre le sommet du Grand Som est grande. Il semble tout proche, mais après plusieurs kilomètres de marche, les jambes sont lourdes, nos réserves d’eau diminuent et la chaleur devient de plus en plus présente. Nous commençons l’ascension avant de prendre la décision de faire demi-tour.
En montagne, savoir renoncer fait aussi partie de l’aventure. L’itinéraire doit toujours être adapté à sa condition physique, aux réserves disponibles et aux conditions rencontrées sur le terrain. Le sommet attendra une prochaine randonnée. Le col de Bovinant offre déjà un cadre exceptionnel, entre prairies, faune sauvage et panoramas sur les reliefs de la Chartreuse.
Conseil randonnée : ne laissez jamais l’objectif initial prendre le dessus sur les conditions réelles. Fatigue, chaleur, météo ou manque d’eau sont autant de raisons légitimes de modifier son itinéraire.
Après plusieurs heures de marche en forêt sous la chaleur, nous croisons enfin une rivière. L’eau est limpide et l’envie de se rafraîchir est immédiate. Mais entre la température très basse de l’eau et le courant, cette baignade improvisée se révèle moins reposante que prévu.
Conseil : avant d’entrer dans une rivière de montagne, évaluez la température, la profondeur et surtout la force du courant. Conservez toujours des vêtements secs dans une poche ou un sac étanche afin de pouvoir vous changer rapidement.

Sur une petite route forestière, après plusieurs heures de marche, nous entendons enfin un moteur. Un pickup s’arrête à notre hauteur. À bord, trois personnes du coin nous proposent de nous rapprocher de Baffert et de trouver un endroit où passer la nuit. Fatigués et encore trempés, nous acceptons cette aide inattendue. Une parenthèse motorisée qui vient bouleverser notre itinéraire initial.
Nous arrivons finalement à Baffert, dans un environnement calme et ouvert sur les montagnes. Après cette journée particulièrement éprouvante, le coucher de soleil et le silence offrent un contraste saisissant avec les difficultés rencontrées quelques heures auparavant.
Cette fin de journée improvisée restera comme l’un des souvenirs les plus marquants de notre Tour de la Chartreuse. Un repas chaud, des vêtements secs et quelques heures pour récupérer avant la dernière étape suffisent à transformer complètement l’ambiance.
C’est aussi ce qui fait la richesse d’une randonnée itinérante : les imprévus modifient parfois le parcours, mais deviennent souvent une partie essentielle du voyage. Après les kilomètres, la fatigue et les changements de programme, les moments les plus simples prennent une tout autre valeur.
Au réveil, l’ambiance est différente : c’est déjà la dernière journée de notre Tour de la Chartreuse. Les muscles commencent à tirer et la fatigue des trois jours précédents se fait sentir, mais l’idée de terminer cette boucle nous pousse à repartir. Au programme : environ 14 kilomètres, 970 mètres de dénivelé positif et un dernier sommet, le Charmant Som, culminant à 1 867 mètres.
Le sentier s’élève progressivement à travers une forêt calme, éclairée par la lumière du matin. Après trois jours de marche, le rythme est naturellement plus lent et chacun profite de ces derniers kilomètres au cœur du massif.
La montée vers le Charmant Som constitue le dernier effort important de notre itinéraire. L’ascension est progressive et nous retrouvons peu à peu davantage de randonneurs venus profiter du sommet à la journée. Après plusieurs jours sur des sentiers parfois très isolés, le contraste est marqué.
Une fois au sommet, le panorama à 360° récompense les derniers efforts. Par temps dégagé, le regard porte sur une grande partie des massifs environnants et permet surtout de mesurer l’étendue du territoire parcouru au cours de ces quatre jours. Une dernière pause en altitude avant d’entamer la descente et de refermer cette aventure en Chartreuse.

La dernière descente est rapide, parfois technique et particulièrement exigeante pour les jambes après quatre jours de marche. Mais elle possède une saveur différente : celle de la fin du voyage. À mesure que nous perdons de l’altitude, les sommets s’éloignent et chaque kilomètre nous rapproche un peu plus de notre point d’arrivée.
Nous retrouvons progressivement la route, les voitures et le réseau téléphonique. Après plusieurs jours immergés dans les paysages de la Chartreuse, le retour à la civilisation marque réellement la fin de l’aventure. On retrouve notre quotidien, mais avec les images, les souvenirs et cette sensation particulière d’avoir parcouru le massif à pied.

En quatre jours, nous avons parcouru environ 70 kilomètres et plus de 5 000 mètres de dénivelé positif. Nous avons dormi dehors, renoncé à certains sommets, affronté la fatigue et les imprévus, mais aussi partagé des repas, des rencontres et des paysages qui resteront longtemps associés à cette aventure.
Au-delà des chiffres, ce Tour du Massif de la Chartreuse nous a surtout permis de ralentir et de retrouver quelque chose de plus simple : marcher, observer, photographier et partager quelques jours loin du quotidien. Les images permettent d’en conserver une trace, mais certaines sensations restent impossibles à retranscrire complètement.

Entre sommets, forêts, falaises calcaires et alpages, le Massif de la Chartreuse offre un terrain particulièrement intéressant pour créer du contenu autour de l’outdoor. Pour une marque, une destination ou un acteur du tourisme, ce type d’aventure permet de mettre en scène un produit ou une expérience dans des conditions réelles, loin d’une production trop artificielle.
Je suis Jean-Baptiste Nore, photographe et vidéaste. À travers mes projets de voyage et mes reportages, je construis des récits visuels autour des territoires, des expériences et des savoir-faire. L’objectif n’est pas simplement de produire de belles images, mais de créer un ensemble cohérent capable de raconter une aventure et de répondre aux besoins de communication d’une marque ou d’une destination.
Vous souhaitez valoriser un territoire, un produit outdoor ou une expérience à travers la photographie et la vidéo ? Contactez-moi pour imaginer votre projet.
Faire le Tour du Massif de la Chartreuse en 4 jours, c’est parcourir près de 70 kilomètres au cœur d’un territoire aussi exigeant que spectaculaire. Au-delà de l’effort physique, cette itinérance reste une aventure faite de paysages, d’imprévus et de moments simples qui prennent une autre dimension lorsqu’on avance plusieurs jours à pied.
La photographie permet d’en conserver une trace et surtout de raconter ce que les chiffres et les cartes ne montrent pas : l’atmosphère d’un lieu, la lumière, l’effort et les émotions qui accompagnent le voyage.

Entre 14 et 23 km selon les jours, avec beaucoup de dénivelé.
Oui, entre 19h et 9h, à plus d’1h d’une route. Respect impératif du site.
Juin ou septembre sont idéaux. Attention à la neige en mai.
Uniquement à Saint-Pierre-d’Entremont. Prévois bien ton autonomie.
Oui si tu es très en forme, mais tu perds en plaisir et sécurité.