05.12.2022











Lorsque l’on évoque le Grand Canyon, on pense immédiatement aux paysages spectaculaires de l’Arizona, aux États-Unis. Pourtant, l’Europe possède elle aussi des reliefs impressionnants et certains paysages de Catalogne sont parfois comparés au célèbre canyon américain. Direction le massif des Guilleries, un territoire naturel situé en Catalogne, entre reliefs boisés, falaises, vallées et cours d’eau. Beaucoup moins connu que les grandes destinations touristiques espagnoles, le secteur offre un cadre particulièrement intéressant pour la randonnée et la photographie de paysage.
Le surnom de « Grand Canyon espagnol » doit évidemment être pris comme une comparaison visuelle et non comme une appellation géographique officielle. Mais lorsque l’on découvre certaines falaises autour du réservoir de Sau et les grands panoramas de la région, on comprend assez rapidement d’où vient cette comparaison. Dans cet article, je vous emmène découvrir le massif des Guilleries en Espagne, son patrimoine, le réservoir de Sau, le belvédère du Salt de la Minyona et plusieurs endroits intéressants à explorer avec un appareil photo. Si vous aimez découvrir des territoires naturels à pied, vous pouvez également retrouver mon tour du massif de la Chartreuse en 4 jours.
Le massif des Guilleries se situe en Catalogne, dans le nord-est de l’Espagne. Ce territoire montagneux s’étend entre plusieurs secteurs de l’intérieur catalan et se caractérise par un relief accidenté largement recouvert de forêts. La rivière Ter joue un rôle important dans le paysage. Plusieurs barrages et réservoirs ont profondément façonné la région, dont le célèbre réservoir de Sau, devenu l’un de ses paysages les plus reconnaissables.
À l’ouest, l’espace naturel des Guilleries-Savassona offre de nombreux itinéraires permettant de découvrir le territoire à pied ou à vélo. On y alterne entre forêts, formations rocheuses, falaises et points de vue sur les vallées environnantes. C’est justement cette diversité qui m’intéresse lorsque je découvre un nouveau territoire avec mon appareil photo. Quelques kilomètres peuvent suffire pour passer d’une forêt dense à un panorama complètement ouvert sur les reliefs catalans.
Si vous recherchez d’autres destinations où la randonnée permet de découvrir progressivement un territoire, mon article consacré aux 10 lieux à visiter dans le massif des Bauges présente une approche assez proche, cette fois dans les Alpes françaises.

Il faut être précis : « Grand Canyon espagnol » n’est pas le nom officiel du massif des Guilleries. Il s’agit plutôt d’une comparaison utilisée pour décrire certains paysages de cette partie de la Catalogne. Les falaises, les formations rocheuses et les vallées qui entourent notamment Sau et Tavertet créent par endroits des panoramas qui peuvent rappeler, à une échelle évidemment différente, certains grands paysages de canyon. Pour la photographie, ces reliefs présentent surtout un intérêt lorsque la lumière devient rasante. Les différentes couches du paysage se détachent davantage les unes des autres et les ombres permettent de mieux percevoir la profondeur.
Plutôt que de chercher à reproduire une photographie du Grand Canyon américain, je trouve justement plus intéressant de photographier les Guilleries pour ce qu’elles sont : un territoire catalan de moyenne montagne où se mélangent falaises, forêts, patrimoine et eau.

Les Guilleries ne se résument pas à leurs paysages. La région possède également un patrimoine composé d’églises, de ponts, de fermes anciennes et de différents vestiges historiques. L’un des sites les plus singuliers reste Sant Romà de Sau, un ancien village dont une partie a été submergée lors de la création du réservoir de Sau au XXe siècle. Selon le niveau de l’eau, le clocher de l’ancienne église peut apparaître plus ou moins largement au-dessus du réservoir. Il est devenu l’un des symboles visuels du secteur et un sujet particulièrement intéressant à photographier. L’ancien article indiquait que cette église était « la plus ancienne du monde ». Je préfère supprimer cette affirmation : ce qui rend réellement le lieu intéressant n’a pas besoin d’être exagéré. La présence du clocher au milieu du paysage suffit à raconter l’histoire de l’ancien village englouti.
Cette relation entre paysage et patrimoine est quelque chose que j’aime particulièrement photographier lors de mes voyages. On retrouve une démarche assez similaire dans mon reportage autour du Gentiane Express et du patrimoine ferroviaire d’Auvergne, où le territoire et son histoire sont indissociables des images.

La région mérite d’être explorée lentement. Plutôt que de chercher à accumuler les points d’intérêt, je vous conseille de construire votre itinéraire autour de quelques paysages et de prendre le temps de marcher. Le réservoir de Sau constitue évidemment une étape importante, mais les routes, forêts, falaises et belvédères qui l’entourent participent tout autant à l’expérience. Pour un photographe, cette approche permet aussi de produire une série plus variée. Un grand panorama situe le territoire, tandis qu’un chemin, un détail architectural, une personne dans le paysage ou une lumière traversant les arbres permettent de raconter le voyage différemment. C’est l’approche que j’essaie d’appliquer dans mes différents reportages consacrés au voyage et aux destinations : photographier les lieux incontournables, mais aussi tout ce qui se passe entre eux.

Le réservoir de Sau, ou Pantà de Sau, constitue probablement l’un des paysages les plus reconnaissables de cette partie de la Catalogne. Entouré de reliefs boisés et de falaises, il offre de nombreux points de vue permettant de travailler différentes compositions. Mais son élément le plus caractéristique reste le clocher de l’ancien village de Sant Romà de Sau.
Selon le niveau du réservoir, la perception du lieu peut complètement changer. Le clocher peut sembler presque isolé au milieu de l’eau ou révéler davantage de structures lorsque le niveau baisse. Pour la photographie, je vous conseille d’éviter de vous concentrer uniquement sur le clocher. Utilisez également les reliefs environnants pour construire votre composition et montrer l’échelle du paysage. Un grand-angle permet de replacer le réservoir dans son environnement, tandis qu’une focale plus longue peut isoler le clocher et compresser les différents plans.
Cette manière de photographier un paysage en variant les focales est également particulièrement utile en montagne. J’en parle à travers un autre terrain dans mon article consacré à la randonnée aux lacs de Melo et Capitello en Corse.

Autre point d’intérêt du secteur : le Salt de la Minyona, un belvédère situé dans l’espace naturel des Guilleries-Savassona. Depuis les hauteurs, le regard porte sur une grande partie du paysage environnant. C’est typiquement le genre d’endroit où l’on comprend mieux la géographie du territoire après avoir passé plusieurs heures à circuler entre les forêts et les reliefs. Pour la photographie, un point de vue élevé peut rapidement donner une image très descriptive mais un peu plate. Je préfère donc chercher un premier plan, attendre une lumière intéressante ou utiliser les différentes couches de relief pour apporter de la profondeur à la composition. La fin de journée est particulièrement intéressante pour ce type de paysage. Lorsque le soleil descend, les ombres deviennent plus longues et les différents reliefs se détachent progressivement. Le secteur permet également de découvrir plusieurs éléments du patrimoine local en chemin, ce qui évite de réduire la visite à un simple point de vue panoramique.


La randonnée dans les Guilleries est probablement l’une des meilleures manières de découvrir le massif. Marcher permet de quitter les principaux axes et surtout de prendre le temps d’observer les changements de paysage. Forêts, sentiers, falaises et points de vue se succèdent progressivement. Comme dans beaucoup de territoires de moyenne montagne, l’intérêt ne se trouve donc pas uniquement à l’arrivée. Pour la photographie, marcher change également la manière d’aborder un lieu. On s’arrête plus facilement devant une lumière ou un détail que l’on aurait probablement ignoré depuis une voiture. Si vous aimez les randonnées itinérantes plus longues, j’ai également documenté mon Tour des Bauges en 5 jours et 100 kilomètres, où la photographie accompagne cette fois plusieurs jours de marche.
Avant de partir sur les sentiers, pensez évidemment à vérifier la météo, l’état des itinéraires et les éventuelles restrictions locales. Le relief et les conditions peuvent évoluer et une randonnée doit toujours être adaptée à votre niveau.

Les Guilleries sont particulièrement intéressantes pour la photographie de paysage, mais je vous conseille de ne pas vous limiter aux grands panoramas. Le réservoir de Sau, les falaises et les points de vue fonctionnent très bien en grand-angle. À l’inverse, une focale plus longue permet d’isoler un relief, un arbre, le clocher de Sant Romà de Sau ou une succession de plans. La lumière joue évidemment un rôle essentiel. Le lever et la fin de journée permettent généralement d’obtenir davantage de relief qu’en plein milieu de journée, lorsque le soleil est plus haut. Mais une météo moins spectaculaire peut aussi être intéressante. Brouillard, nuages ou lumière diffuse permettent de créer une atmosphère complètement différente dans les zones boisées.
Je conseille surtout de préparer quelques lieux avant le départ sans chercher à prévoir toutes ses photographies. J’ai détaillé cette méthode dans mon article sur comment photographier son voyage, avec plusieurs conseils sur la recherche de spots, la lumière et l’organisation d’un itinéraire photographique.

Ce que j’apprécie dans les Guilleries, c’est justement leur différence avec l’image que l’on associe généralement à un voyage en Espagne. Ici, pas de grande station balnéaire ni de centre-ville touristique : le voyage se construit davantage autour du paysage et de la route. Le massif peut donc facilement s’intégrer dans un road trip en Catalogne, en alternant villages, espaces naturels et étapes plus urbaines.
La voiture permet évidemment une grande liberté pour ce type de voyage, mais je vous conseille de conserver suffisamment de temps à chaque étape. Chercher à multiplier les destinations conduit souvent à passer davantage de temps sur la route qu’à réellement découvrir les lieux. C’est également ce que j’ai constaté pendant mon road trip de deux semaines au Portugal : disposer de son propre véhicule permet de rechercher de nouveaux points de vue et d’adapter certaines étapes aux conditions rencontrées. Si vous préparez votre voyage depuis zéro, j’ai également regroupé mes principales recommandations pour préparer et organiser son voyage.



Photographier un territoire permet d’en isoler certains instants. La vidéo offre une approche différente : elle permet de retranscrire les déplacements, les changements de paysage et l’échelle des reliefs. J’ai donc également filmé mon passage dans le massif des Guilleries afin de compléter cette série photographique et de montrer le territoire autrement.
Si vous recherchez une destination naturelle en Catalogne mêlant randonnée, photographie et grands paysages, le massif des Guilleries mérite clairement une étape. Le réservoir de Sau, le clocher de Sant Romà, les falaises et le Salt de la Minyona permettent de découvrir plusieurs facettes du territoire sans chercher à accumuler les lieux touristiques. Je retiens surtout de cette région la combinaison entre eau, relief et forêt. C’est cette diversité qui permet de construire un véritable reportage photographique plutôt qu’une simple succession de points de vue. Vous pouvez retrouver d’autres destinations et récits dans mon Journal Voyage & Destinations, ainsi qu’une sélection de mes travaux autour des territoires, du tourisme et du voyage parmi mes projets photo et vidéo.
Le massif des Guilleries se trouve en Catalogne, entre les comarques d’Osona et de la Selva. Cette région montagneuse et boisée est notamment connue pour ses reliefs, ses sentiers et les paysages qui entourent le réservoir de Sau.
Cette appellation est un surnom utilisé pour évoquer certains paysages spectaculaires de Catalogne, notamment les falaises et reliefs autour des Guilleries, de Sau et de Tavertet. Il ne s’agit pas d’un nom géographique officiel.
Le réservoir de Sau, le clocher de l’ancien village de Sant Romà de Sau et le belvédère du Salt de la Minyona font partie des lieux intéressants à découvrir et à photographier dans la région.
Oui. Le territoire se prête particulièrement à la randonnée et au vélo, avec des itinéraires permettant de découvrir les forêts, falaises et différents points de vue autour du massif et du réservoir de Sau.
Le réservoir de Sau et son clocher, les falaises, les reliefs boisés et les panoramas depuis les belvédères offrent des sujets variés pour la photographie de paysage et de voyage.