Photographe et Réalisateur. Disponible partout en France et à l’étranger.

+33 (0) 6 40 78 76 24

contact@jeanbaptistenore.com
Photographe et Réalisateur. Disponible partout en France et à l’étranger.
+33 (0) 6 40 78 76 24
contact@jeanbaptistenore.com
Votre panier
Valider la commande
SOUS TOTAL 0,00 €
Revenir à la boutique

Voyager en train en tant que photographe : 5 raisons de choisir le rail

Journal > Voyage & Destinations > Voyager en train en tant que photographe : 5 raisons de choisir le rail

20.12.2023

Train panoramique traversant un paysage montagneux

Et si le voyage commençait dès que vous montez dans le train ? Pour un photographe, le déplacement ne se résume pas à rejoindre une destination. Les paysages qui défilent, les lumières qui traversent les fenêtres, les petites gares et les rencontres entre voyageurs peuvent devenir autant de sujets photographiques. Contrairement à l’avion, qui nous transporte rapidement d’un point à un autre, le train permet de suivre la transformation des territoires et de découvrir des scènes auxquelles on n’aurait pas nécessairement prêté attention autrement.

J’ai toujours apprécié cette manière de voyager. Au cours de mes déplacements en France et à l’étranger, le train m’a permis de découvrir des environnements très différents, depuis les campagnes françaises jusqu’aux paysages tropicaux d’Asie. Je pense notamment à notre traversée de la Malaisie à bord du célèbre Jungle Train, aux trains de nuit empruntés pendant notre voyage au Vietnam ou, plus récemment, au reportage photographique et vidéo que j’ai réalisé pour le Gentiane Express, un train touristique historique qui traverse les paysages du Cantal.

Ces expériences m’ont appris à observer différemment. Dans un train, la photographie ne repose pas uniquement sur la destination : le trajet lui-même devient une histoire à raconter. Les compartiments, les voyageurs, les paysages, les détails du matériel ferroviaire et les changements de lumière permettent de construire un récit beaucoup plus personnel qu’une simple collection de photographies touristiques.

Voyager en train possède également des avantages pratiques. Le temps du trajet peut être consacré à l’observation, au tri des photographies ou à la préparation des prochaines étapes, tandis que les gares permettent de découvrir des villes et des territoires parfois éloignés des circuits touristiques habituels. Le rail représente aussi, sur de nombreuses liaisons, une alternative aux déplacements plus émetteurs de gaz à effet de serre.

Pourquoi privilégier le train pour un voyage photographique ? Comment réussir ses photos depuis un wagon et quelles précautions prendre avec son matériel ? Voici cinq raisons de choisir le train pour vos prochaines aventures, accompagnées de mes expériences et de conseils pour profiter pleinement du voyage.

Les 5 raisons de voyager en train quand on est photographe

Les fenêtres du train offrent des paysages qui se renouvellent constamment

La première raison de voyager en train est probablement la plus évidente : les paysages deviennent une partie intégrante de l’expérience. Depuis son siège, il est possible d’observer les territoires se transformer progressivement, sans avoir à se concentrer sur la conduite. Les villes laissent place aux campagnes, les plaines aux montagnes et les zones habitées à des espaces beaucoup plus sauvages. Pour un photographe, cette succession d’environnements offre une variété de sujets particulièrement intéressante.

Le train permet aussi de découvrir un territoire sous un angle différent de celui des routes. Certaines voies ferrées traversent des vallées, longent des rivières ou parcourent des secteurs relativement éloignés des grands axes routiers. Les ponts, les tunnels et les courbes de la ligne participent à cette expérience. Sur certains itinéraires touristiques, les grandes fenêtres sont même pensées pour mettre en valeur les panoramas. Dans les trains ordinaires, en revanche, les ouvertures peuvent être plus petites ou partiellement obstruées. Il ne faut donc pas s’attendre systématiquement à disposer de fenêtres panoramiques ou d’une vue dégagée à 360 degrés.

Ce qui m’intéresse particulièrement, c’est la manière dont les paysages évoluent avec la lumière. Une scène aperçue le matin peut présenter une atmosphère très différente de celle rencontrée en fin de journée. Les ombres, les nuages et les variations météorologiques modifient rapidement la perception des reliefs. Le mouvement du train ajoute une contrainte supplémentaire : il faut apprendre à anticiper les compositions et à déclencher avant que le sujet ne disparaisse.

J’ai notamment retrouvé cette sensation pendant notre traversée de la Malaisie à bord du Jungle Train. Après une nuit relativement agitée, les premières lueurs du jour ont progressivement révélé les paysages tropicaux autour de la voie. Depuis les fenêtres, nous découvrions les arbres, la végétation dense et les petites gares qui rythmaient notre progression. Le trajet devenait un sujet photographique à part entière.

Pour photographier ces paysages, je recommande de rester attentif aux reflets présents sur les vitres. Les lumières intérieures et les vêtements clairs peuvent apparaître dans l’image, particulièrement lorsque l’extérieur est sombre. Il peut être utile de rapprocher l’objectif de la fenêtre sans toucher la vitre, ou de chercher un angle permettant de limiter les reflets. Il faut également adapter la vitesse d’obturation au déplacement du train, car les sujets situés à proximité des voies défilent beaucoup plus rapidement que les montagnes à l’horizon.

Photographier depuis un train demande donc une certaine réactivité, mais c’est précisément ce qui rend l’exercice intéressant. On ne contrôle ni l’emplacement exact du sujet ni le moment où il apparaît. Il faut apprendre à observer, à composer rapidement et à accepter parfois de manquer une image.

Train panoramique traversant un paysage montagneux
Une vue spectaculaire depuis un train serpentant entre collines et montagnes. Le voyage offre un panorama naturel grandiose.

Le train permet de prendre du temps pour observer, créer et travailler ses photographies

La deuxième raison concerne le rythme du voyage. Dans un train, il est possible de consacrer une partie du trajet à autre chose qu’au déplacement lui-même. Contrairement à la conduite automobile, qui impose une attention constante à la route, le voyage ferroviaire laisse davantage de place à l’observation, à la lecture et à la préparation photographique.

Selon le type de train et les conditions de voyage, il est parfois possible de disposer d’une tablette, d’une prise électrique ou d’un espace suffisamment confortable pour travailler sur un ordinateur. Ces équipements ne sont toutefois pas présents sur toutes les lignes et leur disponibilité peut varier. Je recommande donc de ne pas organiser un trajet entier autour de la présence supposée d’une prise ou d’une connexion Internet.

Lorsqu’on voyage avec plusieurs appareils photo ou que l’on réalise un reportage sur plusieurs jours, ce temps peut devenir particulièrement utile. Il permet de sauvegarder les fichiers, de parcourir les premières images, d’identifier celles qui méritent une attention particulière ou de préparer les prochaines étapes. Pour autant, je préfère éviter de considérer chaque heure de transport comme du temps qu’il faudrait obligatoirement rendre productif. Le train offre aussi une occasion de ralentir et de simplement regarder ce qui se passe autour de soi.

Pour un photographe, cette disponibilité mentale est précieuse. Certaines idées apparaissent lorsqu’on ne cherche pas immédiatement à produire une image. Observer la lumière traverser un compartiment, regarder les passagers s’installer ou découvrir la silhouette d’une gare peut donner envie de construire une série différente de celle initialement prévue.

Pendant notre voyage au Vietnam, nous avons notamment emprunté un train de nuit entre Ninh Bình et Hué. Dans mon reportage « Vietnam – D’un rythme à l’autre », les compartiments, les couloirs et les faisceaux de lumière deviennent eux-mêmes des sujets photographiques. Le déplacement n’était pas nécessairement l’objectif principal du voyage, mais il participait pleinement à l’expérience.

Les trains de nuit présentent d’ailleurs une atmosphère très particulière. Les voyageurs s’installent progressivement, les lumières se réduisent et les espaces changent de fonction. Le compartiment devient un lieu de repos, tandis que les gares traversées pendant la nuit apportent de brèves interruptions lumineuses. Photographier ces situations peut être intéressant, à condition de respecter le sommeil et la tranquillité des autres passagers.

Je recommande enfin de profiter des longs trajets pour réfléchir à la cohérence du reportage. Une série photographique ne repose pas uniquement sur les images les plus spectaculaires : elle doit également montrer les moments intermédiaires, les déplacements et les détails qui permettent de relier les différentes étapes.

Les rencontres humaines deviennent une source d’inspiration photographique

La troisième raison concerne les rencontres. Le train est un espace partagé, où des personnes aux parcours et aux destinations très différents se retrouvent temporairement dans un même environnement. Les conversations, les gestes et les habitudes des voyageurs peuvent devenir des sujets particulièrement intéressants pour la photographie documentaire.

Contrairement à certains moyens de transport où les interactions sont limitées, un long trajet ferroviaire permet parfois de prendre le temps de discuter avec ses voisins. Les petits compartiments, les voitures-restaurants ou les longues attentes en gare favorisent des échanges que l’on n’aurait pas nécessairement vécus ailleurs. Cette proximité peut révéler des histoires personnelles, des différences culturelles et des situations spontanées.

Pour un photographe, ces rencontres présentent un intérêt particulier, mais elles demandent également une approche respectueuse. Une personne assise dans un train n’est pas un modèle mis à disposition du photographe. Je recommande de ne pas multiplier les portraits rapprochés sans tenir compte de son consentement et de sa situation. Lorsqu’une photographie est centrée sur une personne identifiable, notamment dans un contexte privé ou intime, il est préférable de demander son accord avant de réaliser ou de diffuser l’image.

La photographie documentaire peut aussi s’intéresser aux personnes sans nécessairement rechercher des portraits directs. Une silhouette dans un couloir, des mains posées sur une tablette, un passager regardant le paysage ou un agent ferroviaire sur un quai peuvent suffire à raconter une scène. Ces détails donnent une dimension humaine au voyage et permettent de dépasser les seules photographies de paysages.

Pendant mon voyage au Vietnam, je me suis notamment intéressé aux scènes observées dans les trains et les gares. Les contrastes entre les zones lumineuses et les espaces plus sombres, les personnes en déplacement et les éléments du matériel ferroviaire créaient des compositions très différentes de celles réalisées dans les villes ou les paysages naturels.

Cette manière de travailler rejoint l’approche que j’explique dans mon article consacré au reportage documentaire et à la manière de raconter une histoire en photographie. L’objectif n’est pas simplement de collectionner des portraits, mais de comprendre comment les personnes, les lieux et les situations participent à une même histoire.

Je considère également que les rencontres font partie des expériences les plus précieuses d’un voyage. Certaines personnes croisées quelques minutes peuvent laisser un souvenir particulièrement fort. La photographie peut permettre d’en conserver une trace, mais elle ne doit jamais devenir une raison d’imposer une prise de vue.

Train traversant un pont au cœur des montagnes automnales
Un train serpente à travers les couleurs flamboyantes de l’automne. Un paysage spectaculaire entre rails, forêt et montagnes.

Les gares et les arrêts permettent de découvrir des lieux inattendus

La quatrième raison de voyager en train concerne les étapes intermédiaires. Les gares possèdent une identité architecturale, historique et humaine qui mérite d’être photographiée. Certaines sont de grands monuments urbains, tandis que d’autres se résument à un quai, un bâtiment ancien et quelques installations techniques. Pourtant, chacune raconte une partie du territoire qu’elle dessert.

Les gares constituent des espaces de transition. Les voyageurs arrivent, se retrouvent, se séparent ou attendent leur correspondance. Les trains entrent et sortent, les informations changent sur les panneaux et les quais se remplissent puis se vident. Pour un photographe de rue, ces situations offrent une grande variété de scènes. Les perspectives, les structures métalliques et les différences de lumière peuvent également être intéressantes pour la photographie d’architecture.

Il faut toutefois distinguer un arrêt touristique prévu dans l’itinéraire d’un arrêt technique ou commercial de quelques minutes. Un train qui marque l’arrêt dans une gare ne donne pas automatiquement la possibilité d’en descendre pour photographier. Certains arrêts sont trop courts et les conditions d’accès ne le permettent pas. Il serait dangereux de s’éloigner du train sans connaître sa durée de stationnement ou de tenter d’accéder à des zones ferroviaires réservées au personnel.

Pour découvrir une ville ou un village situé sur le parcours, je recommande donc de prévoir une véritable étape dans l’itinéraire. Un billet adapté, une correspondance suffisamment longue ou une nuit sur place permettent de découvrir les environs dans de meilleures conditions. Cette organisation transforme le train en moyen d’exploration, plutôt qu’en simple liaison entre deux grandes destinations.

L’un des exemples les plus marquants de mon travail autour de cet univers est le Gentiane Express, un train touristique historique exploité par l’Association des Chemins de Fer de la Haute-Auvergne. En 2026, j’ai été missionné pour réaliser un reportage photo et vidéo consacré à cette ligne qui relie Riom-ès-Montagnes à Lugarde, en traversant les paysages du Cézallier et du nord du Cantal.

Ce projet m’a permis de photographier non seulement le voyage à bord des autorails historiques, mais également les bénévoles qui préservent le matériel roulant, entretiennent la ligne et accueillent les voyageurs. Les gares, les mécanismes et les gestes techniques faisaient autant partie de l’histoire que les paysages traversés.

Vous pouvez découvrir les photographies et les cinq séquences vidéo de ce reportage dans mon projet « Gentiane Express – Chemins de Fer de la Haute-Auvergne ».

Cette expérience illustre particulièrement bien ce que j’apprécie dans la photographie ferroviaire : un train n’est pas seulement un véhicule, mais aussi un patrimoine, une activité humaine et un lien entre différents territoires. Il permet de raconter des histoires qui dépassent largement la seule notion de transport.

Voyager en train permet souvent de réduire l’empreinte carbone du trajet

La cinquième raison concerne l’impact environnemental. Sur de nombreuses liaisons, le train constitue une alternative nettement moins émettrice de gaz à effet de serre que la voiture individuelle ou l’avion. C’est particulièrement vrai pour les trains électriques circulant sur un réseau dont la production d’électricité est relativement peu carbonée, comme en France.

Il est important de nuancer cette affirmation. Tous les trains ne présentent pas le même bilan environnemental. Les lignes diesel, les infrastructures, le taux de remplissage et l’origine de l’électricité influencent les émissions du voyage. Le train ne constitue donc pas un moyen de transport totalement neutre en carbone, et son avantage varie selon les pays, les distances et les situations.

À titre d’exemple, le comparateur publié par SNCF Voyageurs en 2026 estime l’empreinte d’un trajet longue distance en TGV à environ 3 grammes de CO₂ équivalent par voyageur et par kilomètre, contre environ 69 grammes pour une voiture moyenne occupée par 2,2 personnes et 125 grammes pour l’avion dans les hypothèses de comparaison retenues. Ces chiffres concernent des moyennes françaises et ne doivent pas être appliqués directement à tous les réseaux ferroviaires du monde.

Pour un voyageur, choisir le train peut donc contribuer à limiter les émissions liées au transport, particulièrement lorsqu’il remplace un trajet aérien ou un déplacement individuel en voiture. Cette démarche prend tout son sens lorsque le parcours permet également de découvrir plusieurs destinations sans multiplier les trajets secondaires motorisés.

En tant que photographe, je trouve cette réflexion particulièrement intéressante. Nous voyageons souvent pour découvrir des paysages, observer la nature et documenter des territoires. Il est cohérent de s’interroger sur la manière dont nos déplacements peuvent participer à la préservation de ces environnements.

Cela ne signifie pas que le train soit adapté à toutes les situations. Certains territoires disposent de réseaux limités, et les déplacements professionnels peuvent imposer le transport de matériel ou des contraintes de temps importantes. Un reportage photographique nécessitant plusieurs éclairages, de nombreux objectifs et plusieurs sites éloignés ne pourra pas toujours être organisé exclusivement par rail.

Je recommande donc d’adopter une approche pragmatique : privilégier le train lorsque cela est pertinent, comparer les solutions et éviter de présenter un moyen de transport comme universellement supérieur dans toutes les situations. Pour estimer l’impact d’un trajet, vous pouvez consulter les données du comparateur carbone de SNCF Voyageurs.

Train bleu et jaune traversant un paysage montagneux aride
Un train serpente à travers les vastes paysages arides des Andes. Une vue spectaculaire depuis la fenêtre d’un wagon.

Mes expériences de photographie à bord des trains en France et en Asie

Traverser la Malaisie pendant 16 heures à bord du Jungle Train

Parmi les trajets ferroviaires qui m’ont le plus marqué, le Jungle Train en Malaisie occupe une place particulière. En 2023, pendant notre voyage à travers l’Asie, nous avons quitté Singapour pour rejoindre Johor Bahru, en Malaisie, avant d’embarquer à bord d’un train qui nous a conduits vers le nord de la péninsule.

Cette traversée d’environ seize heures s’est déroulée en grande partie pendant la nuit. Nous avons découvert un train relativement simple, composé de plusieurs voitures et marqué par de nombreux arrêts. Le confort était loin de celui d’un train de luxe : les lumières du wagon, les passages et les différents arrêts rendaient le sommeil difficile. Pourtant, cette nuit fait partie des expériences que je conserve le plus vivement de notre parcours.

Au lever du soleil, les paysages ont progressivement changé. Depuis les fenêtres, nous découvrions la végétation tropicale, les petites gares et les paysages du centre de la Malaisie. Le trajet que nous avions commencé de nuit prenait soudain une autre dimension. Les premières lumières révélaient les détails du train et les paysages qui défilaient à l’extérieur.

Pour la photographie, ce moment était particulièrement intéressant. Les fenêtres devenaient des cadres naturels, les portes révélaient des perspectives sur la jungle et les éléments du matériel ferroviaire permettaient de construire des images plus graphiques. Les couchages, les rideaux et les couloirs apportaient également une dimension humaine à la série.

Ce voyage m’a rappelé qu’il n’est pas nécessaire de bénéficier d’un confort exceptionnel pour vivre une expérience photographique marquante. Parfois, ce sont même les contraintes du déplacement qui donnent à l’histoire son caractère particulier.

Je raconte cette traversée plus en détail dans mon article consacré aux 16 heures à bord du Jungle Train pour traverser la Malaisie, avec les photographies réalisées et les conseils pour préparer un itinéraire similaire.

Le train de nuit au Vietnam : photographier les couloirs et les lumières

Pendant notre parcours au Vietnam, le train a également occupé une place importante. Après plusieurs étapes dans le nord du pays, nous avons notamment rejoint Hué depuis Ninh Bình à bord d’un train de nuit. Contrairement au Jungle Train, où l’expérience ferroviaire représentait un moment central du voyage, le train vietnamien permettait avant tout de relier deux régions différentes.

Mais ce déplacement a naturellement donné lieu à plusieurs photographies. Les couloirs, les compartiments et les faisceaux de lumière qui traversaient les fenêtres devenaient des sujets à part entière. La présence des voyageurs et les détails de l’environnement ferroviaire apportaient une dimension documentaire au trajet.

Ce sont précisément ces images qui me plaisent dans la photographie de voyage. Elles ne représentent pas nécessairement les monuments les plus célèbres d’une destination, mais elles permettent de retrouver une atmosphère et un moment vécu. Une photographie de compartiment ou de quai peut parfois raconter davantage sur un voyage qu’un panorama attendu.

Vous pouvez retrouver cette approche dans mon reportage photographique « Vietnam – D’un rythme à l’autre », où les scènes de rue, les paysages et les déplacements se répondent au fil des différentes étapes.

Le Gentiane Express : un reportage professionnel consacré au patrimoine ferroviaire

En 2026, mon travail autour du train a pris une autre dimension avec le reportage que j’ai réalisé pour le Gentiane Express, dans le Cantal. Cette fois, je ne photographiais pas simplement un trajet personnel : j’accompagnais une association qui souhaitait mettre en valeur son activité ferroviaire, ses paysages et l’engagement de ses bénévoles.

La ligne relie Riom-ès-Montagnes à Lugarde, à travers les paysages du Cézallier. Les autorails historiques, les petites gares et les espaces naturels contribuent à créer une expérience très différente de celle des trains contemporains.

Pour cette mission, j’ai cherché à documenter l’ensemble de l’activité : les préparatifs, l’entretien du matériel, les gestes des bénévoles, les voyageurs et le train dans son environnement. Les photographies ont été accompagnées de cinq séquences vidéo, pensées comme les différents chapitres d’un même récit.

Ce projet illustre pourquoi la photographie ferroviaire peut aller bien au-delà des paysages observés depuis une fenêtre. Elle permet de raconter un patrimoine vivant, des métiers, des savoir-faire et les personnes qui contribuent à préserver une ligne historique.

C’est également un exemple de la manière dont un reportage photographique peut accompagner les acteurs du tourisme dans leur communication. Les images permettent de présenter une expérience, de valoriser un territoire et de montrer le travail humain qui rend cette activité possible.

Rue ferroviaire étroite de Hanoï bordée de maisons
À Hanoï, les rails traversent un quartier animé au plus près des habitations. Un lieu insolite où habitants et visiteurs se côtoient.

Comment réussir ses photos depuis un train ?

Quels réglages photo utiliser derrière une vitre ?

Photographier depuis un train nécessite de comprendre les effets du mouvement. Les paysages proches défilent rapidement, tandis que les montagnes et les éléments éloignés semblent se déplacer beaucoup plus lentement. Il n’existe donc pas une seule vitesse d’obturation adaptée à toutes les situations. Le réglage dépend de la vitesse du train, de la distance du sujet et de l’effet recherché.

Pour photographier un paysage proche depuis un train rapide, une vitesse de 1/500 s ou de 1/1000 s peut constituer un point de départ, à ajuster selon les conditions. Une vitesse plus lente peut suffire pour un relief très éloigné, particulièrement si la lumière est limitée. Il faut surveiller le flou de mouvement et accepter d’augmenter la sensibilité ISO lorsque cela permet de conserver une image nette.

Je recommande de photographier au format RAW lorsque l’appareil le permet, car les vitres peuvent modifier les couleurs et le contraste. Certaines fenêtres présentent également des teintes particulières ou des traitements réfléchissants qui influencent l’apparence du paysage. Le RAW permet de retrouver davantage de souplesse lors de l’ajustement de la balance des blancs et de l’exposition.

Enfin, il est préférable d’éviter d’appuyer directement l’objectif sur la vitre. Les vibrations du train peuvent se transmettre à l’appareil et provoquer une perte de netteté. Se rapprocher de la fenêtre sans contact direct peut permettre de limiter les reflets tout en conservant davantage de stabilité.

Comment supprimer les reflets dans une vitre de train ?

Les reflets constituent l’une des principales difficultés de la photographie ferroviaire. Selon l’éclairage intérieur, une vitre peut renvoyer l’image du photographe, des sièges ou des luminaires. Lorsque l’extérieur devient sombre, ces reflets peuvent même prendre le dessus sur le paysage.

Pour les limiter, je recommande de chercher une position où l’intérieur du wagon se reflète le moins possible. Un vêtement sombre ou un pare-soleil adapté peut parfois aider à réduire la lumière parasite autour de l’objectif. Il faut néanmoins éviter de gêner les autres voyageurs ou de placer un équipement qui pourrait présenter un risque en cas de mouvement brusque.

Un filtre polarisant peut également être utile dans certaines situations, mais il ne constitue pas une solution universelle. Selon l’angle de prise de vue et le traitement de la vitre, il peut produire des variations de couleur ou révéler des contraintes optiques dans le verre. Son efficacité doit donc être évaluée directement sur place.

Je recommande également d’observer les conditions lumineuses avant de déclencher. Lorsque l’extérieur est beaucoup plus lumineux que le wagon, les reflets intérieurs deviennent souvent moins visibles. À l’inverse, pendant la nuit, ils peuvent être très difficiles à éviter. Il peut alors être plus intéressant de les intégrer volontairement à la composition, en photographiant le reflet d’un voyageur sur le paysage nocturne.

Quel matériel photo emporter pour voyager en train ?

L’un des avantages du train est la possibilité de transporter son matériel sans devoir respecter systématiquement les mêmes contraintes qu’en avion. Mais les règles de bagages dépendent toujours de l’opérateur, du type de train et du pays traversé. Il faut donc vérifier les dimensions, les limites et les éventuels frais avant le départ.

Pour un voyage photographique, je recommande de privilégier un sac qui permet de garder les équipements les plus importants à proximité. Un appareil, un objectif polyvalent et quelques accessoires peuvent suffire à documenter la majorité des situations. Lorsque le parcours comprend des paysages, des scènes de rue et des portraits, il est souvent préférable de disposer d’un matériel simple que l’on maîtrise parfaitement.

Les batteries, les cartes mémoire et les dispositifs de sauvegarde méritent également une attention particulière. Pendant un long trajet, il peut être intéressant de sauvegarder les photographies, mais il faut éviter de laisser les équipements sans surveillance. Pour un déplacement de nuit, je conseille de conserver les objets de valeur près de soi et de ne pas exposer inutilement le matériel dans les espaces communs.

Un smartphone peut également être un excellent complément. Il permet de photographier discrètement certaines situations, de réaliser des images de repérage et de conserver des souvenirs spontanés sans devoir sortir un appareil plus volumineux. L’essentiel reste la qualité de l’observation et la capacité à réagir lorsqu’une scène intéressante apparaît.

Peut-on photographier librement dans les trains et les gares ?

La photographie de voyage doit respecter les règles des lieux et la vie privée des personnes. Les prises de vue personnelles et les productions professionnelles ne sont pas nécessairement soumises aux mêmes conditions. Les gares et les trains sont des environnements exploités par des opérateurs qui peuvent imposer des restrictions, notamment en matière de sécurité et d’organisation des tournages.

En France, la SNCF indique que les tournages et prises de vue organisés dans ses emprises nécessitent des autorisations spécifiques. Cette exigence concerne notamment les productions professionnelles réalisées en gare ou à bord. Pour une mission commerciale, il est donc préférable de prendre contact avec l’exploitant avant le tournage, plutôt que de supposer que l’accès public à un quai suffit à autoriser toutes les prises de vue.

Il faut également respecter les consignes de sécurité. Les voies ferrées, les zones techniques et les espaces réservés au personnel ne sont pas des lieux de prise de vue accessibles librement. Il ne faut jamais descendre sur les voies, franchir des barrières ou tenter de se pencher à l’extérieur d’un train pour photographier le paysage. Un cadrage spectaculaire ne justifie jamais de prendre un risque.

Pour la photographie de rue, il est important de tenir compte des personnes présentes, notamment lorsque le cadrage permet de les identifier clairement. Les règles de diffusion dépendent du pays et du contexte, et une photographie destinée à un portfolio ou à une communication commerciale peut soulever d’autres questions qu’une image conservée à titre privé.

Pour ceux qui souhaitent approfondir leur pratique, je recommande également mes conseils pour photographier son voyage, ainsi que mon article sur la photographie de rue et la manière de saisir les instants spontanés.

Pieds en baskets rouges dans un train en mouvement
Un voyage en train, les pieds confortablement installés face au paysage. La campagne défile derrière la fenêtre.

Comment construire un reportage photographique autour d’un voyage en train ?

Un reportage ferroviaire réussi ne se limite pas aux paysages qui défilent derrière une fenêtre. Je recommande de réfléchir au voyage comme à une succession de moments : l’arrivée à la gare, l’attente, le départ, la découverte du compartiment, les scènes vécues à bord et l’arrivée à destination.

Cette alternance permet de construire une narration visuelle complète. Une photographie du train dans son environnement situe l’expérience, tandis qu’une image de détail révèle une matière ou une caractéristique du matériel. Un portrait apporte une dimension humaine, et un paysage permet de comprendre le territoire traversé.

La variété des cadrages joue donc un rôle essentiel. Il peut être intéressant d’associer des vues larges, des compositions intermédiaires et des détails plus rapprochés. Les portes, les fenêtres, les sièges, les couloirs, les bagages et les silhouettes peuvent devenir des éléments narratifs. Lorsqu’ils sont photographiés avec une intention précise, ces sujets ordinaires contribuent à restituer l’ambiance du trajet.

Je recommande également de ne pas chercher à photographier continuellement. Prendre le temps d’observer permet parfois d’identifier une lumière ou une scène intéressante avant qu’elle ne se produise. Le voyage en train est particulièrement adapté à cette approche, puisqu’il impose un rythme que le photographe ne contrôle pas entièrement.

Enfin, la sélection et la retouche doivent permettre de conserver une cohérence entre les images. Les photographies réalisées sous des éclairages très différents peuvent nécessiter quelques ajustements pour s’intégrer à une même série. Il est cependant important de préserver l’atmosphère réelle des compartiments, des gares et des paysages. Vous pouvez approfondir ce travail dans mes conseils pour retoucher ses photographies de voyage.

Conclusion : le train, bien plus qu’un moyen de transport pour un photographe

Voyager en train permet de découvrir un territoire autrement, en accordant davantage d’importance au parcours et aux moments qui relient les destinations. Les paysages défilent, la lumière évolue, les voyageurs se rencontrent et les gares ponctuent le trajet. Pour les passionnés de photographie, cette succession de situations constitue une véritable source d’inspiration.

Les cinq raisons évoquées dans cet article expliquent pourquoi j’apprécie particulièrement ce mode de transport : les possibilités photographiques offertes par les fenêtres, le temps disponible pour observer, les rencontres humaines, les découvertes réalisées dans les gares et l’intérêt environnemental de nombreuses liaisons ferroviaires.

Mes expériences en Malaisie, au Vietnam et dans le Cantal m’ont également montré que la photographie ferroviaire pouvait prendre des formes très différentes. À bord du Jungle Train, elle racontait une aventure personnelle et les paysages de la jungle. Dans les trains de nuit vietnamiens, elle s’intéressait davantage aux scènes de vie et aux lumières intérieures. Avec le Gentiane Express, elle est devenue un véritable reportage professionnel consacré à un patrimoine et à celles et ceux qui le font vivre.

C’est cette diversité qui rend le train particulièrement intéressant à mes yeux. Le voyage devient une expérience en lui-même, avec ses contraintes, ses rencontres et ses découvertes inattendues. Il invite à ralentir, mais aussi à développer un regard plus attentif sur les lieux et les personnes.

Lors de votre prochain voyage, je vous recommande donc de ne pas attendre l’arrivée pour sortir votre appareil photo. Les premières images d’une histoire peuvent très bien commencer sur le quai, au moment où les portes du train se ferment.

Pour prolonger la découverte, vous pouvez parcourir mes projets photographiques et audiovisuels, notamment mes reportages consacrés aux voyages et au patrimoine. Je partage également mes conseils, mes expériences et mes récits dans mon Journal.

Train bleu traversant un viaduc dans une forêt verdoyante
Un voyage spectaculaire à bord d’un train bleu, au cœur d’une nature luxuriante.
error:

FAQ