































Après la Thaïlande et le Laos, notre voyage d’un mois à travers l’Asie du Sud-Est se poursuit au Vietnam. Nous arrivons à Hanoï en avion depuis Luang Prabang pour une dizaine de jours à travers le pays, avec un itinéraire qui nous mènera jusqu’à Hoi An. Le contraste avec le Laos est immédiat. Après plusieurs jours marqués par la lenteur du Mékong, Hanoï impose un tout autre rythme : scooters, klaxons, commerces ouverts sur la rue, circulation permanente et scènes de vie qui se succèdent sans interruption. Ce nouveau chapitre de mon travail photographique personnel va donc se construire autour de cette alternance permanente entre agitation et calme, entre photographie de rue et paysages, entre mouvement et images beaucoup plus posées.


Pendant deux jours, je découvre Hanoï avec l’appareil presque constamment à la main. La ville ressemble parfois à un véritable chaos, mais un chaos organisé dans lequel chacun semble connaître sa trajectoire. Je retrouve ici une énergie qui me rappelle par moments New York. Les scènes apparaissent et disparaissent en quelques secondes : un scooter traverse le cadre, un commerçant s’installe sur le trottoir, une silhouette disparaît derrière une file de deux-roues.
Après plusieurs semaines en Asie, je me sens aussi plus libre dans ma manière de pratiquer la photographie de rue. Je photographie davantage les gens, les gestes et les scènes ordinaires, sans chercher à tout maîtriser. Cette approche plus spontanée complète progressivement la manière dont je raconte les territoires dans mes séries de voyage.





Après Hanoï, nous rejoignons la baie d’Ha Long pour deux jours et une nuit de croisière. Nous dormons et mangeons à bord, entourés par les formations karstiques qui émergent de l’eau. Plusieurs activités viennent rythmer le séjour, mais photographiquement, c’est surtout le paysage qui m’intéresse.
Après l’agitation de la capitale, tout ralentit. Les reliefs se superposent, les bateaux traversent silencieusement la baie et la météo transforme constamment les contrastes. Je laisse davantage de place aux compositions fixes, aux silhouettes et aux rapports d’échelle entre l’homme et le paysage.




Le voyage se poursuit vers Mai Châu, où nous passons une nuit entourés de rizières et de montagnes. Je photographie depuis le sol mais également au drone, afin de montrer autrement la géométrie des cultures et leur inscription dans le paysage. À Ninh Bình, nous découvrons ensuite ce que l’on surnomme souvent la baie d’Ha Long terrestre. Les reliefs karstiques réapparaissent, cette fois au milieu des terres, des rizières et des cours d’eau. Après Hanoï, ces étapes produisent naturellement des images plus lentes et plus contemplatives. Le mouvement laisse progressivement place au paysage.






Nous avançons vers le centre du pays en alternant cars, 4×4 et trains. Contrairement au slow boat au Laos, le transport n’est plus véritablement le sujet du voyage, mais il reste une partie importante de l’expérience. Depuis Ninh Bình, nous prenons notamment un train de nuit en direction de Hué. Les couloirs, les compartiments et les faisceaux de lumière qui traversent les fenêtres deviennent eux aussi des sujets photographiques. Le déplacement agit comme un lien entre des territoires très différents. À chaque arrivée, l’ambiance change et mon regard doit s’adapter.


Hué restera l’un de mes grands coups de cœur de ce voyage au Vietnam. La cité impériale offre un terrain photographique très différent du reste du parcours. Les murs, les portes, les cours, les couleurs et les ombres permettent de travailler davantage la composition et l’architecture.
Je retrouve ici une manière de photographier qui prendra progressivement une place importante dans mon travail : observer comment la lumière transforme un lieu, plutôt que chercher uniquement un sujet humain. Certaines scènes semblent presque hors du temps. À Hué, il suffit parfois d’une ombre sur un mur ou d’une silhouette traversant une cour pour construire une image. Cette attention portée aux volumes, aux matières et à la lumière se retrouve plus largement dans mon approche photographique.





Dernière grande étape vietnamienne : Hoi An. Je découvre une ville aux façades anciennes, aux rues étroites, aux bicyclettes et à l’atmosphère presque vintage. Puis, totalement par hasard, nous nous retrouvons sur place pendant la fête des lanternes. À la tombée de la nuit, la ville change complètement. Les lanternes s’allument, les familles se retrouvent et les enfants participent à la fête. Après plusieurs jours à travailler les paysages et l’architecture, la couleur reprend ici une place centrale. Hoi An clôt cette partie du voyage sur une série plus lumineuse, plus festive et beaucoup plus spontanée.




C’est probablement ce que je retiens le plus de ce voyage au Vietnam : la nécessité de changer constamment de manière de regarder. À Hanoï, je photographie le mouvement, les gens et l’agitation. À Mai Châu ou Ninh Bình, je laisse davantage de place au paysage. À Hué, l’architecture et les ombres deviennent mes principaux sujets. Puis Hoi An ramène la couleur et la vie au centre des images. Je ne cherche donc pas à imposer une seule écriture photographique au pays. Chaque lieu dicte naturellement un rythme différent. Cette alternance entre images spontanées et photographies plus construites a profondément nourri mon travail et continue aujourd’hui d’influencer mes projets personnels et reportages de voyage.


En parallèle de la série photographique, j’ai réalisé trois vidéos YouTube consacrées au Vietnam. La photographie me permet de conserver des fragments : une personne, une ombre, une façade, un paysage ou un geste. La vidéo permet quant à elle de retrouver le rythme du voyage, les déplacements et l’énergie des villes. Ces deux écritures se complètent et font aujourd’hui pleinement partie de mon travail de photographe et réalisateur.
Dix jours auront suffi pour découvrir des visages très différents du Vietnam. Hanoï et son énergie permanente, les reliefs de la baie d’Ha Long, les rizières de Mai Châu, le calme de Ninh Bình, l’architecture de Hué et les lanternes de Hoi An composent une série faite de contrastes.
Le Laos restera mon plus grand coup de cœur de ce voyage en Asie, mais le Vietnam arrive juste derrière. Pour ses paysages, sa cuisine, mais surtout pour l’accueil et la gentillesse des personnes rencontrées. Retrouvez mes autres séries dans la rubrique Projets, mes éditions photographiques dans la Boutique, ou contactez-moi pour imaginer un reportage autour d’un territoire, d’un lieu ou d’une destination.



Vous recherchez un photographe pour documenter un restaurant, un hôtel, un lieu de réception ou un événement haut de gamme ?
Le voyage s’est déroulé sur une dizaine de jours entre Hanoï, la baie d’Ha Long, Mai Châu, Ninh Bình, Hué et Hoi An.
Je suis resté environ dix jours au Vietnam : deux jours à Hanoï, deux jours dans la baie d’Ha Long, une journée à Mai Châu, une journée à Ninh Bình, deux jours à Hué et deux jours à Hoi An.
L’approche varie selon les lieux. À Hanoï, je me suis davantage orienté vers la photographie de rue et le mouvement. Dans les régions plus rurales, j’ai privilégié le paysage et des compositions plus calmes, tandis qu’à Hué, l’architecture, les ombres et la lumière ont occupé une place centrale.
Hué a été l’un de mes principaux coups de cœur, notamment pour sa cité impériale, son patrimoine et les nombreuses possibilités offertes par la lumière et les ombres.
Oui, totalement par hasard. Nous étions à Hoi An au moment de la fête des lanternes, ce qui a permis de photographier la ville dans une ambiance très différente, entre lumières, enfants, familles et scènes de rue.
Oui. En parallèle du reportage photographique, trois vidéos YouTube ont été réalisées autour de cette étape du voyage.