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Road to Scotland

Un road trip photographique à travers l’Écosse, entre routes, paysages et rencontres

Projet > Personnel > Voyage & Destinations > Road to Scotland
2024

Contexte

Road to Scotland est un carnet photographique réalisé lors d’un road trip entre la France, l’Angleterre et l’Écosse. Un voyage pensé autour de la route et de la photographie, à bord de voitures de sport et de collection, avec pour destination les paysages du nord de l’Écosse. Après une première halte à Houlgate, la traversée de la Manche marque le véritable début du voyage. Portsmouth, Glasgow, les Highlands, Fort William, l’île de Skye, la North Coast 500 puis Édimbourg : au fil des kilomètres, les paysages changent et la photographie devient une manière de conserver les fragments de cette traversée.

Plus qu’un reportage chronologique, cette série rassemble des paysages, scènes de rue, portraits spontanés, détails et instants de voyage. Je photographie ce qui apparaît sur la route : une lumière, une silhouette sur un ferry, un paysage aperçu depuis une voiture ou une scène ordinaire qui, pendant quelques secondes, semble raconter quelque chose du lieu. Ce projet s’inscrit dans mon travail personnel autour de la photographie de voyage et de territoire, entre observation documentaire et recherche d’une écriture photographique plus personnelle.

Projet par Jean-Baptiste Nore, Photographe et Réalisateur
Type de projet
Secteur
Voyage · Road trip
Lieu
Angleterre · Écosse
Année
2024
Mission
Reportage photographique et réalisation vidéo
Service
Photographie · Réalisation · Prises de vues aériennes · Montage · Étalonnage · Retouche
.

Prendre la route vers l’Écosse

Le voyage commence bien avant l’arrivée en Écosse. Il commence avec le départ, les premiers kilomètres et cette sensation particulière de quitter progressivement ce que l’on connaît. Depuis la France, la route nous mène vers Portsmouth, sur la côte sud de l’Angleterre. Les traversées en ferry deviennent rapidement des parenthèses dans le voyage. Le rythme ralentit. On quitte momentanément la voiture, on observe la mer, les passagers, les silhouettes isolées sur le pont et les changements de lumière.

Ces moments de transition occupent une place importante dans la série. La destination compte, mais Road to Scotland parle tout autant de ce qui se passe entre deux destinations. Ce sont parfois ces instants sans événement particulier qui deviennent les photographies auxquelles je reste le plus attaché.

La route comme fil conducteur

Voyager en voiture permet de construire un rapport particulier au territoire. Les paysages ne sont pas seulement des destinations : ils apparaissent progressivement derrière un pare-brise, dans un rétroviseur, au détour d’un virage ou lors d’un arrêt improvisé. Les voitures de sport et de collection avec lesquelles nous avons effectué ce voyage font naturellement partie de l’aventure. Pourtant, j’ai choisi de ne pas construire cette série comme un reportage automobile classique. Elles sont davantage un moyen de traverser le territoire, un élément du récit qui relie les différentes étapes.

La photographie accompagne alors le mouvement. Certaines images sont prises lors d’un arrêt, d’autres presque instinctivement depuis la route. Le voyage impose son propre rythme et oblige à accepter qu’une image puisse apparaître puis disparaître quelques secondes plus tard.

Glasgow, premiers fragments d’Écosse

L’arrivée à Glasgow marque les premiers véritables pas en Écosse. Après les heures passées sur la route, je retrouve une photographie plus urbaine, instinctive, proche de la street photography. Je marche sans véritable itinéraire, attentif aux scènes ordinaires. Une personne derrière une vitrine, un reflet, une façade, une couleur ou une lumière deviennent autant de prétextes pour photographier.

Dans cette partie du voyage, l’Écosse n’est pas encore celle des grandes vallées et des montagnes. Elle se découvre à hauteur d’homme, dans la ville et dans les petits détails du quotidien. Une manière de commencer progressivement le récit avant de reprendre la route vers le nord.

Entrer dans les Highlands

En quittant Glasgow en direction de Fort William, le paysage change progressivement. Les villes s’espacent, les reliefs apparaissent et la route commence à serpenter au milieu de territoires beaucoup plus vastes. À Glen Coe, l’Écosse que j’avais imaginée avant le départ commence véritablement à prendre forme. Les montagnes, les vallées et les variations permanentes de la météo donnent au paysage une présence presque irréelle.

La lumière peut être douce et diffuse pendant plusieurs heures avant de laisser apparaître brutalement une éclaircie. Le brouillard efface certaines parties du paysage tandis que d’autres émergent quelques minutes plus tard. Photographier ces paysages demande alors d’accepter cette instabilité. Plutôt que de rechercher systématiquement une représentation spectaculaire des Highlands, j’ai essayé d’en conserver l’atmosphère, les silences et parfois même l’incertitude.

Photographier ce que l’on ressent

Au fil du voyage, la série s’éloigne volontairement d’une représentation purement descriptive de l’Écosse. Certaines photographies traduisent davantage une sensation qu’un lieu précis. Le grain, les contrastes, les couleurs parfois très présentes et l’utilisation ponctuelle du noir et blanc participent à cette recherche. Une route peut devenir une ligne graphique, un paysage presque abstrait, une silhouette un simple point dans l’immensité. Cette liberté est au cœur de mes projets photographiques personnels. La photographie ne sert plus seulement à montrer où je suis allé, mais à traduire la manière dont j’ai perçu et ressenti un endroit à un instant donné.

Vers l’île de Skye

Depuis Fort William, nous poursuivons vers Mallaig pour embarquer sur un nouveau ferry. Encore une traversée, encore un moment suspendu entre deux parties du voyage. Sur le pont, je photographie les passagers presque autant que le paysage. Les gestes sont simples : regarder l’horizon, attendre, marcher quelques mètres, rester seul face à la mer. Des scènes ordinaires qui prennent une autre dimension lorsqu’elles sont isolées dans le cadre. Puis l’île de Skye apparaît. Le paysage devient plus sauvage, les routes plus étroites et l’impression d’éloignement plus forte. Chaque déplacement devient une occasion de s’arrêter et de photographier.

Skye, couleurs et matières

Sur Skye, certaines couleurs finissent par devenir presque obsessionnelles. Les verts profonds, les jaunes des herbes, les terres brunes et les variations du ciel composent une palette directement liée au territoire. Autour de Neist Point, la lumière et les reliefs créent des images dans lesquelles la matière prend parfois le dessus sur le paysage lui-même. Je cherche moins à documenter précisément le lieu qu’à isoler des formes, des couleurs et des sensations.

À Fairy Glen, le décor semble presque construit. Les reliefs inhabituels, les chemins et les petites collines donnent au paysage quelque chose d’imaginaire. Pourtant, ce sont aussi les rencontres et les présences humaines qui permettent de donner une échelle à cette immensité. Cette partie du voyage résume probablement le mieux ma manière d’aborder la photographie de voyage : observer un territoire, puis progressivement s’éloigner de sa représentation littérale pour construire une vision plus personnelle.

La North Coast 500, vers une Écosse plus silencieuse

Plus au nord, nous rejoignons une partie de la North Coast 500. La route traverse des territoires de plus en plus isolés et le sentiment d’espace devient omniprésent. Le paysage se dépouille. Quelques maisons, une route étroite, des rochers, des collines et parfois presque rien d’autre à l’horizon. Cette simplicité modifie aussi ma manière de photographier.

Les compositions deviennent plus minimales. Les silhouettes prennent davantage de place lorsqu’elles apparaissent et le noir et blanc s’impose parfois naturellement pour supprimer toute distraction et ne conserver que les formes, les matières et la lumière. Dans ces paysages, le silence semble faire partie de l’image. C’est probablement cette sensation que j’ai le plus cherché à conserver dans les photographies réalisées au nord de l’Écosse.

Édimbourg, retrouver la ville

Après plusieurs jours au milieu des routes et des paysages écossais, Édimbourg marque un changement de rythme. Les rues, les façades en pierre, les perspectives et la présence humaine ramènent progressivement la photographie vers quelque chose de plus urbain. Je retrouve alors le plaisir de marcher sans objectif précis, simplement à la recherche d’une lumière ou d’une composition. Après l’immensité des Highlands, les bâtiments imposent à nouveau leurs lignes et leurs géométries.

Cette opposition entre ville et nature participe à l’équilibre de la série. Road to Scotland n’est pas uniquement un récit consacré aux grands paysages écossais : c’est un carnet de route dans lequel chaque étape apporte sa propre manière de regarder.

Un carnet de route photographique

Au retour, les photographies forment moins un inventaire des lieux visités qu’une collection de souvenirs visuels : un coucher de soleil avant le départ, un passager sur un ferry, une route sous la pluie, un visage aperçu dans Glasgow, les reliefs de Skye ou une silhouette perdue quelque part dans le nord. vDes images très différentes, mais reliées par une même expérience : celle du déplacement et de la découverte.

Road to Scotland est ainsi devenu un carnet photographique autour de la route, du voyage et de la manière dont notre regard évolue lorsque l’on quitte progressivement ses repères. Une démarche que je poursuis à travers mes autres projets personnels et mes récits consacrés aux voyages et destinations.

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