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Tour des Bauges

Marcher 100 kilomètres en 5 jours au cœur du massif

Projet > Personnel > Voyage & Destinations > Tour des Bauges
2023

Contexte

100 kilomètres à pied en cinq jours à travers le massif des Bauges. Au départ de Bellecombe-en-Bauges, cette aventure nous a conduits à travers les vallées, forêts, alpages et sommets du parc naturel, avec une seule règle : avancer chaque jour et terminer la boucle à pied. L’itinéraire passe notamment par École, Aillon-le-Jeune, La Féclaz, le Mont Revard, le Tour de l’Angle Est, le Creux de Lachat et la Grotte de Prérouge, avant un retour à Bellecombe-en-Bauges cinq jours plus tard.

J’ai documenté cette traversée en photographie et en vidéo, avec l’envie de raconter autant les paysages que l’expérience du trek : les longues heures de marche, la fatigue, les changements de lumière, les pauses et tous les moments inattendus qui donnent progressivement sa forme au voyage. Ce projet s’inscrit dans mon travail personnel autour du voyage, de l’outdoor et des territoires, à la frontière du récit d’aventure et de la photographie documentaire.

Projet par Jean-Baptiste Nore, Photographe et Réalisateur
Type de projet
Secteur
Voyage · Outdoor · Randonnée
Lieu
Massif des Bauges, France
Année
2023
Mission
Reportage photographique et réalisation vidéo
Service
Photographie · Réalisation · Prises de vues aériennes · Montage · Étalonnage · Retouche
.

100 kilomètres à travers le massif des Bauges

L’idée était simple sur le papier : partir de Bellecombe-en-Bauges, marcher pendant cinq jours et revenir au même endroit après avoir parcouru environ 100 kilomètres. Dans la réalité, chaque journée impose son propre rythme. Les kilomètres s’accumulent, le dénivelé commence à se faire sentir et la perception du temps change rapidement. Une journée ne se mesure plus vraiment en heures, mais en montées, descentes, pauses et prochains points de passage. Le parcours nous mène progressivement d’un environnement à l’autre : villages, grandes forêts, pâturages, reliefs calcaires et panoramas ouverts sur les Alpes. Cette succession donne au trek une diversité qui devient également le fil conducteur du récit photographique.

Entrer progressivement dans le massif

Le départ depuis Bellecombe-en-Bauges marque le moment où le quotidien disparaît progressivement derrière nous. Les premières heures permettent encore de trouver son rythme, d’ajuster le sac et de mesurer ce que représentent réellement cinq jours de marche. L’itinéraire traverse le secteur d’École avant de rejoindre Aillon-le-Jeune. Les premières étapes permettent d’entrer progressivement dans le territoire et d’en découvrir les contrastes : villages de montagne, chemins forestiers et premiers paysages plus ouverts. Photographiquement, le début d’une itinérance possède toujours quelque chose de particulier. Tout semble encore nouveau et chaque détail attire le regard. La photographie accompagne naturellement cette découverte avant que le rythme de la marche ne prenne progressivement le dessus.

Prendre de l’altitude vers La Féclaz et le Mont Revard

En poursuivant vers La Féclaz puis le Mont Revard, le rapport au paysage évolue. Les forêts s’ouvrent progressivement et la montagne offre des perspectives plus vastes. Après plusieurs dizaines de kilomètres, le corps commence également à rappeler qu’il fait partie du voyage. Les jambes deviennent plus lourdes, les arrêts plus importants et chaque montée oblige à gérer son énergie différemment. C’est précisément ce qui m’intéresse dans ce type de projet : ne pas seulement photographier de beaux paysages, mais documenter ce que signifie réellement les traverser à pied. Une silhouette qui avance au loin, un sac posé quelques minutes dans l’herbe ou un visage marqué par la journée racontent parfois davantage le trek qu’un panorama parfait.

Marcher au rythme de la montagne

Autour du Tour de l’Angle Est et du Creux de Lachat, l’itinéraire continue de nous éloigner des grandes routes et des zones habitées. À ce stade du voyage, les automatismes sont installés. Ranger le campement, remplir les gourdes, reprendre le chemin et avancer jusqu’à la prochaine étape devient le nouveau quotidien.

Cette répétition pourrait sembler monotone. Elle produit au contraire une forme d’attention différente. Lorsque l’on marche plusieurs jours, on observe davantage les variations de lumière, les changements de végétation, les sons et les détails qui passeraient probablement inaperçus lors d’une sortie beaucoup plus courte. La photographie devient alors moins systématique. Je déclenche davantage lorsque quelque chose vient réellement interrompre cette continuité : une lumière, une présence, un paysage ou simplement un moment qui résume l’état d’esprit de la journée.

Refermer la boucle par la Grotte de Prérouge

La dernière partie de l’itinéraire nous conduit vers la Grotte de Prérouge avant de reprendre progressivement la direction de Bellecombe-en-Bauges. Les derniers kilomètres ont toujours une saveur particulière. La fatigue est présente, mais l’arrivée devient suffisamment proche pour que chaque pas donne aussi le sentiment de refermer progressivement l’aventure. Revenir exactement à l’endroit quitté cinq jours auparavant permet de mesurer ce qui s’est passé entre les deux. Sur une carte, la boucle se ferme simplement. Dans les jambes et dans les souvenirs, les 100 kilomètres racontent une toute autre histoire.

Photographier sans interrompre l’aventure

Documenter un trek de plusieurs jours demande de trouver un équilibre. Le matériel photographique doit rester suffisamment accessible pour pouvoir saisir un moment rapidement, sans pour autant transformer chaque arrêt en séance de prise de vue. J’ai donc abordé le Tour des Bauges comme un carnet de route photographique et vidéo. Les paysages occupent naturellement une place importante, mais ils sont accompagnés par les gestes, les moments de fatigue, les rencontres et les détails rencontrés au fil du chemin.

La vidéo apporte une dimension complémentaire en restituant davantage le mouvement, le rythme de la marche et les échanges. La photographie permet au contraire d’isoler certains instants et de leur donner une présence différente. Cette approche se retrouve dans mes autres projets personnels consacrés à l’aventure et aux territoires, notamment mes récits de randonnée et de road trip.

Le voyage commence lorsque le rythme ralentit

Marcher 100 kilomètres n’est pas le moyen le plus rapide de découvrir un massif. C’est justement ce qui donne tout son intérêt à l’expérience. À pied, chaque changement de paysage demande du temps. Une vallée ne disparaît pas derrière une vitre en quelques minutes. Il faut la traverser, monter progressivement et parfois plusieurs heures avant de découvrir ce qui se trouve de l’autre côté.

Cette lenteur modifie aussi mon regard de photographe. Elle permet de passer davantage de temps dans un territoire, d’observer ses nuances et de produire des images qui racontent non seulement un lieu, mais la manière dont il a été parcouru. Vous pouvez découvrir mes autres séries consacrées au voyage, à la montagne et aux territoires, ainsi que mes récits et conseils photographiques dans le Journal.

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