



















En novembre 2024, je suis parti quatre jours à New York avec un objectif un peu particulier : courir le marathon de New York. 42,195 kilomètres à travers les cinq boroughs de la ville, après plusieurs mois de préparation. Mais impossible pour moi de découvrir New York sans appareil photo. Autour de cette aventure sportive s’est donc naturellement construit un nouveau projet personnel, mêlant photographie de rue et vidéo. Quatre jours seulement pour découvrir une ville immense, la photographier, la filmer et finalement la traverser en courant. Un séjour court et particulièrement intense, pendant lequel le voyage et le marathon se sont progressivement mêlés pour raconter une même expérience.


Je connaissais évidemment les images de New York avant d’y arriver. Ses gratte-ciel, ses taxis jaunes, Times Square, Central Park, ses façades en briques et ses avenues interminables. Pourtant, une fois sur place, mes premières impressions ont été assez différentes de l’image que je m’en étais construite. Entre le bruit, la foule et les bâtiments gris, je ne savais pas encore vraiment comment photographier cette ville déjà photographiée des millions de fois.
J’ai donc fait ce que je fais souvent lorsque je découvre une destination : marcher. Sans chercher immédiatement les monuments ou les images emblématiques, mais en laissant progressivement mon regard s’habituer à la ville. Cette manière d’aborder un territoire est au cœur de mon travail photographique : observer avant de chercher à raconter.



Très rapidement, ce sont les habitants qui deviennent le véritable fil conducteur de la série. Une personne immobile au milieu d’une rue, un visage aperçu quelques secondes, une silhouette isolée par la lumière… Je commence à collectionner ces rencontres éphémères au milieu de l’immensité new-yorkaise. Des instants suspendus et des fragments de vie que la ville semble faire apparaître puis disparaître aussitôt. Je ne connais pas les personnes que je photographie et je ne les reverrai probablement jamais. Pourtant, pendant quelques secondes, leurs histoires croisent la mienne. La photographie permet précisément de conserver une trace de ces rencontres qui auraient autrement disparu.


New York est une ville verticale. Cette architecture transforme constamment la lumière. Entre les immeubles, le soleil ne touche parfois qu’une petite portion de rue. Les façades plongent dans l’ombre tandis qu’une silhouette, un mur ou une fenêtre se retrouve brutalement éclairé.
J’ai commencé à utiliser ces contrastes pour construire mes images. Les ombres deviennent presque des personnages : elles découpent les bâtiments, isolent les passants et transforment des scènes ordinaires en compositions beaucoup plus graphiques. Cette recherche autour de la lumière traverse une grande partie de mes séries photographiques personnelles, mais New York offre un terrain particulièrement intéressant pour l’explorer.


À New York, les deux se sont rapidement imposés. La couleur permet de travailler avec les rouges des façades, les enseignes, les taxis, les vêtements ou les touches de lumière qui apparaissent au milieu du gris de la ville. Mais certaines scènes appelaient autre chose. Le noir et blanc m’a permis de m’éloigner davantage du réel pour ne conserver que le mouvement, les contrastes et les formes. Sur certaines photographies, j’ai également travaillé avec le mouvement volontaire de l’appareil. Les rues deviennent alors presque abstraites : les bâtiments se déforment, les silhouettes disparaissent et New York semble se dissoudre dans son propre rythme.



Malgré son gigantisme, ce n’est finalement pas la skyline qui m’a le plus intéressé. Je me suis davantage attaché à ce qui se déroule au niveau de la rue : les passants, les façades, les escaliers de secours, les commerces et toutes ces scènes ordinaires qui donnent à chaque quartier son identité.
De Chinatown à Little Italy, en passant par Midtown, Times Square ou les abords de Central Park, quelques rues suffisent parfois pour changer complètement d’atmosphère. Photographier New York est alors moins une question de destination que de rythme. Il faut avancer, observer, revenir sur ses pas et accepter qu’une scène n’existe parfois que pendant quelques secondes.


En parallèle de la série photographique, j’ai documenté ces quatre jours en vidéo à travers plusieurs Reels. La vidéo raconte une autre partie du voyage : les déplacements, les impressions à chaud, la préparation du marathon et cette montée progressive de la tension à mesure que le dimanche approche.
Photo et vidéo fonctionnent ici comme deux écritures complémentaires. La photographie me permet de m’arrêter sur les fragments de ville qui attirent mon regard, tandis que la vidéo restitue davantage l’énergie et le mouvement permanent de New York. Cette complémentarité entre photographie et réalisation fait aujourd’hui partie intégrante de mon approche, aussi bien dans mes projets personnels que dans mes travaux de commande.
Puis vient le dernier jour. Celui autour duquel tout le voyage s’est construit : le marathon de New York. Derrière ces 42,195 kilomètres, il y avait plusieurs mois de préparation, de discipline et forcément quelques doutes. Courir n’était plus seulement une manière de découvrir la ville : pendant quelques heures, j’allais littéralement la traverser.
Le parcours relie les cinq boroughs de New York avant de s’achever à Central Park. Après avoir passé plusieurs jours à observer la ville derrière mon appareil, je la découvre cette fois sans chercher à produire une image. Les rues, les ponts, la foule et les kilomètres deviennent une expérience à vivre plutôt qu’à photographier.



C’est probablement ce contraste qui m’intéresse le plus lorsque je repense à ces quatre jours. Pendant les premiers jours, je suis spectateur. Je marche dans New York avec mon appareil, attentif à une lumière, une personne ou une scène qui pourrait disparaître quelques secondes plus tard.
Le jour du marathon, cette relation s’inverse. Je ne regarde plus la ville depuis le trottoir : j’en fais momentanément partie. La photographie et la course ont finalement partagé quelque chose pendant ce voyage : une manière très physique d’explorer un territoire. Marcher pendant des heures pour photographier, puis courir 42 kilomètres pour terminer cette aventure.

Quatre jours ne suffisent évidemment pas pour raconter New York. Et c’est probablement ce qui rend cette série intéressante à mes yeux. Elle ne cherche pas à dresser un portrait exhaustif de la ville, mais à conserver quelques fragments de ma première rencontre avec elle : une lumière sur une façade, un inconnu croisé dans la rue, une ombre, un mouvement ou quelques secondes de silence au milieu du tumulte.
Et au milieu de ces images, il restera forcément le souvenir de ces 42 kilomètres parcourus à travers la ville. Une expérience à la frontière du voyage, du sport et de la photographie, qui rejoint les autres histoires que je développe dans mon Journal et à travers mes projets personnels. Une sélection de mon travail est également disponible sous forme de tirages et livres photographiques. Pour échanger autour d’un reportage, d’une destination ou d’un projet photographique et vidéo, vous pouvez également me contacter.



Vous recherchez un photographe pour documenter un restaurant, un hôtel, un lieu de réception ou un événement haut de gamme ?
Cette série a été réalisée en novembre 2024, pendant un séjour de quatre jours à New York organisé autour de ma participation au marathon de New York.
Il s’agit d’un projet personnel mêlant voyage, photographie de rue, vidéo et expérience sportive. L’objectif était autant de documenter ma découverte de New York que de construire une série photographique personnelle autour de ses habitants, de sa lumière et de son mouvement.
Le reportage traverse différentes parties de Manhattan, notamment Midtown, Times Square, Chinatown, Little Italy et Central Park, ainsi que différents lieux découverts au fil de mes déplacements dans la ville.
Le noir et blanc m’a permis de travailler certaines scènes autour du mouvement, des contrastes et des formes, tandis que la couleur occupe une place importante dans le reste de la série.
Oui. Plusieurs Reels ont été réalisés pendant les quatre jours afin de raconter le voyage, les découvertes de New York et la préparation jusqu’au jour du marathon.
Oui. Le marathon constituait le point de départ du voyage et son point d’orgue : 42,195 kilomètres à travers les cinq boroughs de New York avant l’arrivée à Central Park.