






Après la Thaïlande, le Laos et le Vietnam, notre voyage d’un mois à travers l’Asie du Sud-Est nous conduit à Singapour. Nous arrivons en avion depuis l’aéroport international de Can Tho, au Vietnam, pour une étape très courte : deux jours et une nuit avant de poursuivre notre route vers la Malaisie. Le changement est immédiat. Après plusieurs semaines à photographier des villes animées, des villages, des paysages et des scènes de vie spontanées, nous découvrons une métropole verticale, extrêmement moderne et parfaitement ordonnée. Singapour devient ainsi une courte parenthèse dans mon travail photographique autour du voyage. Une ville qui me déroute autant qu’elle m’intrigue.


À Singapour, je perds rapidement mes repères. Tout semble propre, organisé, neuf, presque parfaitement maîtrisé. Après l’agitation de Hanoï ou la simplicité du Laos, le contraste est saisissant. Nous parcourons Chinatown, Gardens by the Bay et Marina Bay. L’architecture prend immédiatement beaucoup de place : tours de verre, végétation intégrée à la ville, infrastructures monumentales et perspectives très graphiques. Le coût de la vie marque lui aussi une rupture avec les semaines précédentes. Singapour semble appartenir à un autre monde, alors que nous n’avons parcouru que quelques centaines de kilomètres.

Photographiquement, je ne suis pas immédiatement dans mon élément. Depuis le début de ce voyage, je me nourris beaucoup des rencontres, des scènes ordinaires, des imperfections et de cette part d’imprévisible qui accompagne la photographie de rue. À Singapour, je trouve plus difficilement cette proximité. Je photographie donc autrement. Je cherche davantage les lignes, les reflets, les couleurs et les lumières artificielles. À la nuit tombée, les vitrines et les éclairages bleutés donnent parfois à la ville une dimension presque cinématographique. Ce déplacement du regard fait aussi partie de mes projets personnels : accepter qu’un territoire ne corresponde pas immédiatement à ma photographie et chercher malgré tout comment le raconter.

Marina Bay est évidemment incontournable. Pourtant, contrairement à ce que j’imaginais, je ne suis pas particulièrement impressionné. Tout est spectaculaire, monumental, éclairé et parfaitement mis en scène. Peut-être même un peu trop. Je ressens parfois quelque chose qui se rapproche davantage d’un décor que d’une ville : une forme de Disneyland urbain où chaque élément semble avoir été pensé pour provoquer l’émerveillement.
Ce sentiment n’enlève rien à la singularité du lieu. Il raconte simplement mon regard à cet instant précis du voyage, après plusieurs semaines passées dans des environnements radicalement différents.


La démesure de Singapour contraste assez bien avec notre hébergement. Nous sommes huit amis et passons notre unique nuit dans un hébergement composé de capsules, avec à peine quelques mètres carrés pour nous installer. Après les hôtels, les trains, les bateaux et les différents logements du voyage, cette nuit devient une anecdote supplémentaire de notre mois sur les routes d’Asie. Un espace minuscule au milieu d’une ville immense.
Deux jours sont évidemment trop courts pour comprendre Singapour. Je quitte la ville avec un sentiment partagé. J’en reconnais la beauté, l’architecture et la singularité, mais je n’y ai pas retrouvé immédiatement cette dimension humaine qui m’avait autant attiré au Laos ou au Vietnam. C’est aussi ce qui rend cette série intéressante à mes yeux. Un voyage n’est pas une succession obligatoire de coups de cœur. Certains endroits demandent davantage de temps. Avec du recul, je retournerais volontiers à Singapour. Pour sortir des incontournables, prendre le temps de chercher davantage la vie derrière les façades et, peut-être, photographier une tout autre ville.

Après seulement une nuit, nous quittons Singapour en bus pour rejoindre Johor Bahru, de l’autre côté de la frontière malaisienne. Nous nous dirigeons vers la gare, où nous attend l’une des expériences les plus marquantes de ce voyage : le Jungle Train. Seize heures de train à travers la Malaisie pour remonter progressivement vers la Thaïlande. Après deux jours au milieu du verre, des tours et des lumières de Singapour, le contraste ne pouvait pas être plus grand. Une nouvelle étape du voyage commence.

Singapour n’aura été qu’une parenthèse de deux jours, mais elle occupe une place particulière dans ce voyage en Asie du Sud-Est. Parce qu’elle m’a obligé à photographier autrement. Parce que je n’y ai pas immédiatement retrouvé ce que je cherchais ailleurs. Et parce qu’elle rappelle qu’un regard photographique se construit aussi face aux lieux qui lui résistent. Cette série reste donc volontairement courte : quelques fragments d’une ville que je n’ai fait qu’effleurer et à laquelle j’aimerais, un jour, donner une seconde chance. Découvrez mes autres projets photographiques ou contactez-moi pour imaginer un reportage autour d’un territoire, d’un lieu ou d’une destination.
Vous recherchez un photographe pour documenter un restaurant, un hôtel, un lieu de réception ou un événement haut de gamme ?
Je suis resté deux jours et une nuit à Singapour en septembre 2023, au cours d’un voyage d’un mois à travers l’Asie du Sud-Est.
La série a principalement été réalisée autour de Chinatown, Marina Bay et Gardens by the Bay.
Contrairement à certaines étapes précédentes du voyage, je me suis moins concentré sur la photographie de rue. L’architecture, les lignes, les reflets, les couleurs et les lumières nocturnes ont progressivement pris davantage de place dans mes images.
J’ai été marqué par la modernité, la propreté et l’organisation de la ville, mais aussi dérouté par son caractère très maîtrisé. Deux jours restent cependant beaucoup trop courts pour réellement découvrir Singapour, et j’aimerais y retourner pour porter un autre regard sur la ville.
Nous avons quitté Singapour en bus pour rejoindre Johor Bahru, en Malaisie. De là, nous avons rejoint la gare pour commencer un trajet d’environ seize heures à bord du Jungle Train en direction du nord de la Malaisie.