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Strada per le Alpi

Un voyage photographique et vidéo à travers les cols alpins

Projet > Personnel > Voyage & Destinations > Strada per le Alpi
2025

Un road trip photographique à travers les Alpes

En juillet 2025, je suis parti sur les routes des Alpes pour un voyage entre la France, la Suisse et l’Italie. Plusieurs jours à avancer au rythme de la route, à franchir les cols et à découvrir les paysages qui relient ces trois pays. Du lac de Brienz aux routes de Habkern, du col de la Furka et de son mythique hôtel Belvédère au Nufenen Pass, le voyage s’est poursuivi vers Zermatt et le Cervin avant de reprendre la route vers l’Italie, puis les Alpes françaises jusqu’à Courchevel. Je suis parti avec mes appareils photo et vidéo sans chercher à dresser un inventaire des lieux traversés. Strada per le Alpi est avant tout né de l’envie de conserver les sensations du voyage : une lumière, une route disparaissant dans le brouillard, un paysage aperçu quelques secondes depuis une voiture, une silhouette ou un arrêt improvisé.

Projet par Jean-Baptiste Nore, Photographe et Réalisateur
Type de projet
Secteur
Voyage & tourisme
Lieu
France - Suisse - Italie
Année
2025
Mission
Road trip photographique & vidéo
Service
Série photographique - Film de voyage - Livre photo
.

Photographier le voyage plutôt que seulement la destination

La route est rapidement devenue le fil conducteur de la série. Une grande partie des photographies a été réalisée en mouvement, parfois depuis le siège passager d’une voiture. Je me suis progressivement intéressé autant aux paysages qu’à tout ce qui pouvait s’interposer entre eux et mon objectif : une vitre, un arbre, une rambarde, un panneau ou le reflet de l’habitacle. Ces éléments que j’aurais pu chercher à éviter sont devenus partie intégrante de la série. Ils donnent aux images cette sensation de déplacement et rappellent que je ne regarde pas les Alpes depuis un point fixe : je les traverse.

Photographier les paysages des Alpes autrement

La météo a profondément façonné ce road trip. En plein mois de juillet, le ciel bleu attendu a régulièrement laissé place au brouillard, aux nuages bas et parfois à la pluie. Ces conditions ont finalement participé à l’identité visuelle du projet. Les montagnes apparaissent puis disparaissent, les couleurs deviennent plus sourdes et certains paysages prennent une dimension presque mélancolique. Plutôt que d’attendre systématiquement les conditions idéales, j’ai progressivement appris à photographier ce que le voyage m’offrait.

Du lac de Brienz aux grands cols des Alpes suisses

La Suisse occupe une place importante dans la série. Les rives du lac de Brienz, les villages traversés autour de Habkern, les routes de montagne et les grands cols ont progressivement fait évoluer le paysage. Au col de la Furka, l’ancien hôtel Belvédère apparaît au bord d’une route vertigineuse face au glacier du Rhône. Plus loin, le Nufenen Pass culmine à près de 2 500 mètres dans une atmosphère radicalement différente : brume, reliefs partiellement dissimulés et routes disparaissant derrière la montagne.

Ces lieux spectaculaires auraient facilement pu conduire à rechercher uniquement la grande photographie de paysage. J’ai au contraire essayé de conserver ce qui faisait réellement partie du voyage : la route, les voitures, les arrêts et les éléments rencontrés en chemin.

Zermatt, le Gornergrat et le Cervin

À Zermatt, le rapport au paysage change encore. Le train du Gornergrat nous emmène à plus de 3 000 mètres d’altitude face au Cervin. Là-haut, photographier devient presque secondaire. La montagne impose naturellement de ralentir et de regarder.

La descente en train, accompagnée par les dernières lumières de la journée, reste l’un des moments les plus marquants du voyage. Le bruit régulier du train, les passagers silencieux et le Cervin apparaissant entre les nuages créent une sensation difficile à restituer avec une seule image. C’est précisément dans ces moments que la photographie et la vidéo deviennent complémentaires.

Une photographie de voyage plus instinctive

Ce road trip m’a surtout appris à moins chercher l’image parfaite. Sur la route, beaucoup de photographies ne peuvent pas être préparées. Un paysage apparaît pendant quelques secondes, la voiture continue d’avancer et il faut décider immédiatement si quelque chose mérite d’être photographié. Cette contrainte m’a poussé vers une photographie plus instinctive : accepter le flou, les premiers plans imparfaits, les cadrages pris dans le mouvement ou les éléments qui traversent volontairement l’image.

Accepter l’imprévu dans ma photographie

Certaines photographies auxquelles je prêtais peu d’attention au moment de la prise de vue sont finalement devenues importantes lorsque j’ai redécouvert la série plusieurs mois plus tard. Elles ne montrent pas nécessairement les paysages de la manière la plus spectaculaire. Mais elles retranscrivent quelque chose de plus difficile à construire volontairement : la sensation d’être sur la route.

Ce travail a renforcé une approche que je cherche désormais davantage dans ma photographie : laisser une place à l’accident, au mouvement et à ce qui échappe au contrôle.

De la Suisse à l’Italie jusqu’aux Alpes françaises

Après les grands paysages suisses, la route s’est poursuivie vers l’Italie avant de rejoindre progressivement la France. Le passage d’un pays à l’autre ne crée pas de rupture nette. Les paysages évoluent progressivement, tout comme l’architecture, les villages, les couleurs et les scènes rencontrées au bord de la route. Un cycliste dans une petite rue italienne, une pause autour d’un café, un panneau aperçu quelques secondes : ces scènes plus modestes trouvent naturellement leur place aux côtés des grands paysages alpins.

Terminer le voyage dans les Alpes françaises

Le retour vers la France marque les dernières étapes de Strada per le Alpi, notamment par le col du Petit-Saint-Bernard avant de rejoindre Courchevel. Après plusieurs jours passés sur la route, la montagne se regarde différemment. Il ne s’agit plus nécessairement de chercher ce qu’il reste à photographier, mais de profiter des derniers kilomètres et de laisser le voyage se terminer. Les remontées mécaniques nous conduisent une dernière fois en altitude, jusqu’au chemin de la Saulire. Après les kilomètres, les changements de météo et les nombreux cols traversés, le silence de la montagne offre une dernière respiration à la série.

Ce que ce road trip a changé dans ma photographie

Strada per le Alpi est progressivement devenu autre chose qu’une collection de paysages alpins.

Le projet raconte autant les Alpes que la manière de les parcourir : les kilomètres, les vitres des voitures, les arrêts improvisés, les changements de météo, les moments partagés et cette alternance permanente entre mouvement et contemplation. La photographie m’a permis d’en conserver des fragments. La vidéo apporte quant à elle ce que l’image fixe ne peut pas toujours restituer : le déplacement, les sons, les variations du paysage et le rythme de la route.

Ce voyage m’a surtout conforté dans l’idée qu’une photographie n’a pas besoin d’être parfaitement construite pour raconter quelque chose. Le mouvement, l’imprévu et certaines imperfections peuvent devenir une véritable écriture lorsqu’ils traduisent fidèlement une sensation. Laisser davantage de place à ce qui arrive plutôt qu’à ce que j’avais prévu de photographier : c’est probablement ce que je retiens le plus de ce voyage.

Strada per le Alpi, de la série photographique au livre photo
De retour à Paris, le voyage s’est poursuivi à travers la sélection et l’édition des images.

Revoir ces photographies plusieurs mois après leur prise de vue m’a permis de créer des rapprochements que je n’avais pas nécessairement perçus sur la route : les mouvements, les couleurs, les silhouettes et cette présence récurrente d’éléments situés entre le paysage et moi.

Cette série a finalement donné naissance à Strada per le Alpi, un livre photo pensé comme le prolongement physique du voyage. L’objet permet de retrouver quelque chose que j’aime particulièrement dans la photographie : construire une narration non plus image par image, mais à travers leur succession, leur rythme et leur confrontation.

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Une publication partagée par Jean-Baptiste Nore photographie ses voyages (@jeanbavoyage)

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