













Plus de dix ans que je photographie la Corse, et pourtant, chaque année, j’ai l’impression de la découvrir à nouveau. Ce ne sont pas forcément les paysages qui changent, mais mon regard sur eux. Depuis mes 14 ou 15 ans, je reviens régulièrement à Calvi, d’abord pour les vacances en famille, puis pour retrouver un territoire auquel je me suis profondément attaché.
En août 2026, je passe cinq jours en Balagne avec mon Fujifilm X100VI. De Calvi à Lumio, en passant par le vignoble du Clos Culombu et la presqu’île de la Revellata, je photographie librement les paysages, les matières, les couleurs et les scènes du quotidien. Sans itinéraire photographique précis ni recherche de l’image parfaite, je laisse les promenades et les rencontres guider mon regard.
Balagne est une série photographique personnelle consacrée à cette Corse que je connais depuis l’adolescence, mais que mes voyages et mon évolution de photographe me font redécouvrir sans cesse. Une centaine d’images, réalisées en couleur, qui cherchent moins à montrer les lieux emblématiques qu’à transmettre la chaleur de l’été, la sérénité des vacances et la poésie des choses ordinaires.
Je viens à Calvi depuis mes 14 ou 15 ans. À l’époque, je découvrais la Corse en famille, pendant les vacances d’été. Les journées se succédaient entre la mer, les promenades et les paysages de Balagne, sans imaginer que cette région prendrait une place aussi importante dans ma vie et dans ma photographie.
Aujourd’hui encore, j’essaie d’y retourner une à deux fois par an lorsque j’en ai l’occasion. Il y a quelque chose de particulier dans le fait de revenir dans un endroit que l’on connaît depuis aussi longtemps. Je retrouve des lieux familiers, des habitudes, des souvenirs, mais surtout cette sensation immédiate d’être en vacances. C’est probablement l’un des rares endroits où j’arrive aussi facilement à ralentir.
Pourtant, je n’ai pas le sentiment de photographier la même Corse d’une année sur l’autre. Mes voyages en France et à travers le monde ont progressivement transformé ma manière de regarder les lieux. À force de découvrir d’autres cultures, d’autres paysages et d’autres façons de vivre, je suis devenu plus attentif à des détails qui m’échappaient auparavant.
Là où j’aurais peut-être cherché autrefois à photographier une plage ou un panorama spectaculaire, je peux aujourd’hui m’arrêter devant une façade, une ombre, une matière ou une scène de rue qui ne semble présenter aucun intérêt particulier. C’est précisément ce changement de regard qui m’intéresse.
J’avais déjà exploré cette approche dans ma série Un week-end à Porto, consacrée aux scènes de rue, aux couleurs et aux fragments du quotidien. Mais en Balagne, une dimension personnelle s’ajoute à cette démarche : je ne découvre pas un territoire inconnu, je réapprends à regarder un endroit qui m’accompagne depuis l’adolescence.


Calvi possède tous les éléments d’un paysage méditerranéen spectaculaire : une citadelle dominant la baie, un port animé, une longue plage, des montagnes qui semblent rejoindre la mer et cette lumière si particulière de l’été corse. Il serait facile de construire une série uniquement autour de ces décors.
Mais ce n’est pas ce que je recherche avec Balagne.
Je ne veux pas simplement montrer que Calvi est belle. D’autres photographes l’ont fait avant moi et les images de ses paysages emblématiques sont déjà partout. Ce qui m’intéresse davantage, c’est de trouver de la beauté là où elle ne se présente pas immédiatement comme une évidence.
Je parcours donc les ruelles, le port, la citadelle et les abords de la plage en prêtant attention aux choses simples. Une couleur qui attire le regard, une matière chauffée par le soleil, une silhouette qui traverse une composition, une façade dont les teintes semblent presque irréelles. Ces petits fragments permettent de raconter une autre expérience du lieu, plus spontanée et parfois plus intime.
La photographie de rue occupe naturellement une place dans cette série. Je ne cherche pas systématiquement à photographier les habitants ou les vacanciers, mais leur présence peut transformer une image. Une personne qui passe dans une ruelle, une interaction ou un geste aperçu pendant quelques secondes suffisent parfois à donner du sens à une composition.
Je photographie également les espaces vides. Ils permettent de retrouver cette sensation de calme que j’associe depuis toujours à mes vacances en Corse. Il ne s’agit pas de prétendre que Calvi serait déserte au mois d’août, mais plutôt de chercher, au milieu de l’activité estivale, des instants de tranquillité.
Pour ceux qui souhaitent découvrir les lieux eux-mêmes, j’ai consacré un article détaillé à Calvi et ses alentours, entre patrimoine, paysages et photographie. Ici, je préfère laisser davantage de place à mon interprétation personnelle du territoire.

Si Calvi reste le point de départ de mes séjours, mon attachement dépasse largement les limites de la ville. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai choisi d’appeler cette série Balagne plutôt que Calvi.
J’aime partir explorer les alentours, marcher sur les sentiers, rejoindre des paysages plus sauvages ou retrouver des lieux qui font partie de mes habitudes depuis longtemps. La proximité entre le littoral, les villages et les reliefs donne à cette région une diversité que je trouve difficile à comparer avec d’autres destinations.
Parmi les endroits auxquels je suis particulièrement attaché figure Lumio, et plus précisément le Clos Culombu. Ce domaine viticole est devenu un véritable rituel : j’y retourne presque systématiquement lors de mes séjours. Il est associé à mes premières randonnées dans la région, à mes premières dégustations de vin et à de nombreux souvenirs personnels.
Ce n’est donc pas simplement un vignoble que je prends plaisir à retrouver. C’est un lieu qui fait partie de mon histoire avec la Balagne. Entre les vignes, les paysages et les moments passés sur place, il représente pour moi cette relation particulière entre un territoire, ses producteurs et l’art de vivre qui l’accompagne.
La presqu’île de la Revellata offre une atmosphère très différente. À quelques kilomètres de Calvi, les chemins quittent progressivement l’environnement urbain pour rejoindre un littoral rocheux, des criques et des paysages ouverts sur la Méditerranée. J’apprécie particulièrement cette alternance entre la ville et des espaces plus minéraux.
À la Revellata, ce sont les textures naturelles qui attirent mon attention : les rochers, la végétation, les variations de couleur du sol et les contrastes avec la mer. Les éléments du paysage deviennent des sujets photographiques à part entière, parfois au détriment des panoramas les plus évidents.
Ces déplacements autour de Calvi ne suivent pas un programme conçu pour produire une série. Je me promène, je marche et je photographie ce que je rencontre. Certains endroits ont une importance particulière dans mes souvenirs, d’autres deviennent intéressants simplement parce que je les découvre sous un nouveau jour.
Cette manière de parcourir un territoire se retrouve dans Strada per le Alpi, une série photographique et vidéo réalisée dans les Alpes. Dans les deux cas, le voyage ne se résume pas aux destinations traversées : les déplacements, les imprévus et les moments intermédiaires font pleinement partie de l’histoire.



Pour cette édition 2026 de Balagne, j’ai souhaité accorder une place particulièrement importante à la couleur et à la matière. Mon intention était de faire ressentir la chaleur de l’été à travers les photographies, plutôt que de chercher uniquement à représenter fidèlement les paysages.
La Corse possède une palette qui m’inspire depuis longtemps. Le bleu intense de la Méditerranée, les teintes minérales des façades, les couleurs de la végétation et les contrastes provoqués par le soleil créent des associations parfois très fortes. Mais ce sont aussi les couleurs moins spectaculaires qui m’intéressent : une surface passée par le temps, un mur, une ombre ou un détail architectural.
Je travaille volontairement avec des couleurs saturées et un traitement inspiré de la photographie argentique. L’objectif n’est pas de reproduire exactement les teintes telles que l’œil les perçoit, mais de traduire les sensations que j’associe à l’été en Balagne.
Je photographie à toute heure, sans privilégier systématiquement le lever ou le coucher du soleil. La lumière dure du milieu de journée, souvent évitée en photographie de paysage, devient au contraire intéressante pour créer des ombres marquées, accentuer les textures et construire des compositions plus graphiques.
Cette liberté fait partie du projet. Je n’attends pas nécessairement les conditions considérées comme idéales pour photographier. Je préfère observer ce que la lumière disponible peut apporter à une scène, même lorsqu’elle semble difficile ou peu flatteuse au premier regard.
Mon approche a beaucoup évolué au fil de mes voyages, notamment lors de mon séjour photographique aux Açores ou de mes explorations des paysages européens. Ces expériences m’ont appris à ne pas réduire un territoire à ses points de vue les plus connus, mais à chercher ce qui le rend sensible et singulier.



En août 2026, je passe seulement cinq jours en Balagne. C’est court, surtout pour une région dans laquelle j’aimerais pouvoir rester beaucoup plus longtemps. Mais cette durée limitée correspond finalement assez bien à la manière dont je souhaite réaliser la série : sans chercher à tout voir ni à tout photographier.
Pour la première fois, je pars en vacances avec un appareil compact à focale fixe, mon Fujifilm X100VI. Avec son objectif équivalent 35 mm, il m’accompagne pendant mes promenades, mes déplacements et les moments les plus ordinaires du séjour.
Ce choix modifie sensiblement ma façon de travailler. Je n’ai pas plusieurs objectifs à transporter, ni besoin de réfléchir constamment au matériel à utiliser. Je peux garder l’appareil à portée de main et photographier rapidement lorsqu’une composition attire mon attention.
La focale fixe impose également de se déplacer et de construire autrement ses images. Il n’est pas toujours possible d’isoler un élément éloigné ou d’embrasser un paysage entier. Cette contrainte m’oblige à réfléchir à la place que j’occupe dans une scène et à accepter parfois qu’une photographie ne soit pas possible telle que je l’avais imaginée.
Toutes les photographies de cette série sont réalisées en couleur. Je recherche un rendu proche de l’argentique, avec des teintes affirmées, parfois très saturées, qui participent à l’identité visuelle du projet.
Aucune sortie n’est organisée exclusivement pour photographier. Je marche, je profite de mes vacances et je saisis les occasions qui se présentent. Cette spontanéité est essentielle : je ne souhaite pas que la photographie prenne le dessus sur l’expérience du séjour.
C’est une approche que je développe également dans mes projets personnels de voyage et de destinations. Qu’il s’agisse d’une ville, d’un paysage ou d’un territoire auquel je suis attaché, je cherche de plus en plus à construire des séries à partir de moments vécus plutôt qu’à partir d’une liste de photographies à réaliser.



La première sélection de Balagne réunit environ une centaine de photographies réalisées en août 2026. Je ne cherche pas à les présenter dans l’ordre des cinq journées ni à construire un itinéraire allant systématiquement de Calvi à Lumio ou à la Revellata.
Je préfère une narration visuelle libre, fondée sur les correspondances entre les images. Une couleur peut répondre à une autre, un paysage peut succéder à un détail, une scène de rue peut introduire une photographie beaucoup plus contemplative. Cette liberté me semble plus fidèle à la manière dont la série a été réalisée.
Balagne n’est cependant pas un projet terminé. Je souhaite continuer à l’enrichir au fil de mes prochains séjours, en revenant sur certains lieux et en découvrant de nouvelles façons de les photographier.
C’est sans doute ce qui me plaît le plus dans cette démarche. Je connais Calvi depuis l’adolescence, mais je ne sais pas comment je la photographierai dans cinq ou dix ans. Chaque voyage, chaque expérience et chaque nouvelle rencontre peuvent modifier ce que je remarque et ce que je choisis de conserver en image.
Certaines photographies de la série seront progressivement proposées dans ma boutique de tirages photographiques d’art. C’est une manière de prolonger ce travail personnel au-delà du site et de partager ma vision de la Balagne avec celles et ceux qui entretiennent, eux aussi, un lien particulier avec la Corse.
Cette recherche nourrit également mon travail professionnel. En parallèle de mes séries personnelles, je réalise des reportages photographiques et vidéo pour les offices de tourisme, hôtels, destinations et marques d’art de vivre. Mon objectif reste le même : raconter un territoire à travers ses paysages, ses matières, ses lieux de vie et les personnes qui le font exister.
Vous pouvez découvrir l’ensemble de mes projets photographiques et mon parcours de photographe. Pour une collaboration autour d’une destination, d’un établissement hôtelier ou d’un reportage consacré à l’art de vivre, vous pouvez également me contacter.
Balagne continuera d’évoluer à mesure que j’y retournerai. Et j’espère conserver encore longtemps cette impression étrange et précieuse : revenir dans un endroit que je connais depuis toujours, tout en ayant le sentiment de le découvrir pour la première fois.



La Balagne est une région du nord-ouest de la Corse, en Haute-Corse. Elle s’étend autour de Calvi, de L’Île-Rousse et de nombreux villages de l’arrière-pays. Elle se distingue notamment par la proximité entre le littoral méditerranéen, les reliefs montagneux, les villages et les paysages agricoles.
À Calvi, la citadelle, le port, les ruelles de la vieille ville et la plage constituent les principaux lieux à découvrir. Les alentours permettent de rejoindre Lumio, la presqu’île de la Revellata et les villages de Balagne. Pour préparer votre séjour, vous pouvez consulter mon guide pour visiter Calvi et ses alentours.
La citadelle permet de travailler l’architecture, les ruelles et les points de vue sur la baie. Le port et la vieille ville sont intéressants pour la photographie de rue, tandis que la plage offre des compositions mêlant mer, ville et montagnes. Pour des paysages plus sauvages, la Revellata constitue une alternative intéressante aux vues emblématiques de Calvi.
Lumio permet de découvrir une autre facette de la Balagne, entre village, vignobles et paysages ouverts sur le littoral. Le Clos Culombu est notamment un domaine viticole auquel je suis personnellement attaché. Il participe à l’identité agricole et viticole de cette partie de la Corse.
La presqu’île de la Revellata est connue pour ses sentiers, ses paysages rocheux, ses criques et son phare. Elle permet de découvrir un environnement plus sauvage à proximité de Calvi. En été, il est important de prévoir de l’eau, une protection solaire et de vérifier les conditions d’accès aux espaces naturels, notamment en période de risque d’incendie.
Deux à trois jours permettent de découvrir les principaux lieux de Calvi et quelques sites proches. Quatre à cinq jours offrent davantage de liberté pour explorer Lumio, la Revellata et les villages de Balagne. Une semaine ou plus est préférable pour prendre son temps et découvrir également l’arrière-pays. Personnellement, je préfère revenir régulièrement plutôt que vouloir tout visiter en un seul séjour.
La Balagne peut se photographier toute l’année, avec des ambiances très différentes selon les saisons. Le printemps et l’automne offrent généralement une fréquentation plus modérée, tandis que l’été apporte des couleurs intenses, une lumière forte et davantage de scènes de vie. Cette série a été réalisée en août, précisément pour retrouver les sensations que j’associe aux vacances en Corse.
Je recommande de ne pas se limiter aux points de vue connus. Prenez le temps d’observer les ruelles, les façades, les textures, les scènes du quotidien et la manière dont les personnes occupent l’espace. La photographie de rue et les détails peuvent raconter une destination avec autant de force qu’un grand paysage.
J’ai réalisé les photographies d’août 2026 avec un Fujifilm X100VI, équipé d’une focale fixe équivalente 35 mm. Son format compact me permet de conserver l’appareil à portée de main pendant mes promenades, sans organiser mes journées autour de la photographie.
Certaines images de ma série Balagne seront progressivement proposées dans ma boutique de tirages photographiques. La sélection évoluera au fil des nouvelles photographies réalisées lors de mes prochains séjours en Corse.
Oui. En parallèle de mes projets personnels, je réalise des reportages photographiques et vidéo pour les destinations, offices de tourisme, établissements hôteliers et marques d’art de vivre. Ces productions permettent de valoriser un territoire, son identité et les expériences qu’il propose. Vous pouvez découvrir mes projets de voyage ou me contacter pour échanger autour d’une collaboration.