13.11.2023







Voyager, c’est aussi accepter de quitter les itinéraires les plus évidents. Certaines destinations attirent des millions de voyageurs chaque année tandis que d’autres, parfois tout aussi spectaculaires, restent beaucoup moins présentes dans les itinéraires classiques. Montagnes de l’Himalaya, steppes de Mongolie, déserts d’Oman, paysages volcaniques ou îles méditerranéennes : ces destinations permettent de découvrir des territoires très différents et, surtout, de construire des voyages davantage tournés vers l’aventure, les paysages et les rencontres.
C’est également ce que je recherche de plus en plus en photographie de voyage. Je préfère prendre le temps d’observer un territoire, m’éloigner des lieux les plus fréquentés et photographier ce qui se passe entre les étapes plutôt que simplement accumuler les incontournables. Cette philosophie du voyage se retrouve notamment dans mon roadtrip en Écosse, où les détours, les routes et les paysages rencontrés entre deux étapes occupent une place aussi importante que la destination elle-même.
Voici donc 7 destinations hors des sentiers battus à découvrir, choisies pour leurs paysages, leur culture et leur potentiel photographique.
Coincé entre l’Inde et la Chine, le Bhoutan reste une destination à part en Asie. Le pays est notamment connu pour ses paysages himalayens, ses monastères bouddhistes et une politique touristique pensée pour limiter les effets du tourisme de masse. L’un des lieux les plus emblématiques est évidemment le monastère de Taktsang, souvent appelé le Nid du Tigre, construit à flanc de montagne dans la vallée de Paro. Mais réduire le Bhoutan à ce seul monument serait dommage : vallées, villages, forteresses et paysages de montagne constituent une grande partie de l’intérêt du voyage.
Pour la photographie, c’est précisément cette relation entre paysage, architecture et culture qui me semble passionnante. Le territoire permettrait de construire un reportage beaucoup plus large qu’une simple succession de panoramas. Le Bhoutan est aussi une destination où il faut accepter de voyager différemment, en prenant davantage de temps et en préparant son itinéraire en fonction des conditions locales. Si l’Himalaya vous attire, une autre destination de cette sélection permet d’aborder ces montagnes sous un angle complètement différent : le Népal.

Oman offre probablement l’un des contrastes de paysages les plus intéressants de cette sélection. Déserts, montagnes, wadis, villages, littoral et villes historiques peuvent se succéder au cours d’un même voyage. Mascate constitue souvent la première porte d’entrée du pays, mais c’est en prenant la route que le territoire prend réellement une autre dimension. Les montagnes du Hajar, les dunes, les villages traditionnels et les différents wadis permettent de varier constamment les paysages. Pour un photographe, le désert représente évidemment un terrain particulièrement intéressant. Les formes deviennent très graphiques et la lumière transforme complètement les reliefs au fil de la journée.
Le matin et la fin de journée permettent de travailler avec des ombres plus longues et de mieux révéler les formes du paysage. En pleine journée, la lumière devient beaucoup plus dure, mais elle peut aussi être utilisée volontairement pour créer des images plus minimalistes. Cette recherche de lignes, de textures et de grands espaces est quelque chose que j’ai particulièrement apprécié lors de mon safari photographique en Namibie, où le désert devient lui-même le sujet principal.

La Mongolie fait clairement partie des voyages que j’aimerais réaliser un jour. Peu densément peuplé et marqué par des territoires immenses, le pays représente presque l’opposé d’un voyage urbain classique. Steppes, désert de Gobi, montagnes de l’Altaï, lacs et campements nomades permettent d’imaginer un voyage où les distances et le paysage occupent une place centrale. Ce qui m’attire particulièrement en Mongolie, c’est la possibilité de construire un reportage autour du rapport entre l’humain et son environnement. Photographier uniquement les paysages serait évidemment tentant, mais les familles nomades, les chevaux, les campements et les déplacements permettraient de raconter beaucoup plus largement le territoire.
C’est typiquement une destination où je privilégierais un équipement relativement simple. Lorsque les journées impliquent beaucoup de déplacements, multiplier les objectifs et les accessoires peut rapidement devenir une contrainte. Le plus important reste finalement d’avoir son appareil disponible au bon moment. C’est d’ailleurs l’un des principes que je développe dans mes conseils pour un photographe débutant : le matériel compte, mais il ne remplacera jamais l’observation et la pratique.

Au large de la côte est de l’Afrique, Madagascar possède une biodiversité exceptionnelle et une grande variété de paysages. Forêts tropicales, baobabs, formations rocheuses, hauts plateaux et littoral permettent de construire un itinéraire extrêmement diversifié. L’île est notamment célèbre pour ses lémuriens et pour plusieurs espèces animales et végétales endémiques. Pour la photographie, cela ouvre évidemment la porte au reportage animalier, mais Madagascar ne se résume pas à sa faune.
Les villages, les routes, les marchés et les rencontres peuvent être tout aussi intéressants à documenter que les grands paysages. L’allée des Baobabs, près de Morondava, fait partie des images les plus connues du pays. Mais comme pour n’importe quelle destination très photographiée, l’enjeu serait justement de ne pas chercher uniquement à reproduire la carte postale.
Changer de focale, intégrer des personnes ou photographier les détails permet de construire une vision beaucoup plus personnelle d’un lieu pourtant déjà photographié des milliers de fois. C’est une approche que j’essaie également d’appliquer dans mes différents reportages consacrés au voyage et aux destinations : raconter un territoire plutôt que simplement collectionner ses lieux emblématiques.

Le Kirghizistan est probablement l’une des destinations qui m’attirent le plus dans cette liste pour la randonnée et la photographie de paysage. Situé en Asie centrale, le pays est largement montagneux. Vallées, lacs d’altitude, pâturages et sommets composent une grande partie de son territoire. Le lac Song-Köl constitue notamment l’une des images emblématiques du Kirghizistan, avec ses paysages ouverts et les yourtes installées pendant une partie de l’année. Le lac Issyk-Koul offre quant à lui une autre échelle et permet de construire un itinéraire plus large à travers le pays.
Pour photographier ce type de destination, je chercherais surtout à montrer l’échelle du paysage. Intégrer une personne, un cheval, une route ou une habitation permet de donner immédiatement une dimension aux montagnes environnantes.
Les changements météorologiques deviennent également une partie du voyage. Nuages, pluie, brouillard et lumière changeante ne sont pas nécessairement des contraintes : ce sont souvent eux qui donnent le plus de caractère aux images de montagne. C’est quelque chose que j’ai particulièrement retrouvé lors de mon tour du massif de la Chartreuse en quatre jours, où la randonnée impose naturellement un autre rythme à la photographie.

Malte est probablement la destination la moins « secrète » de cette sélection, mais elle reste parfois mise de côté au profit d’autres destinations méditerranéennes comme l’Italie ou la Grèce. Pourtant, l’archipel possède une identité particulièrement forte. Architecture en pierre calcaire, villes fortifiées, ports, falaises et eaux méditerranéennes offrent de nombreux sujets photographiques.
La Valette constitue évidemment une étape incontournable. Ses rues en pente, ses façades, ses balcons traditionnels et ses perspectives sur le port offrent un excellent terrain pour la photographie urbaine. Mais l’archipel permet également de s’éloigner rapidement de la ville pour retrouver des paysages plus ouverts et un autre rapport à la Méditerranée. Malte possède aussi un lien intéressant avec le cinéma. Plusieurs productions y ont utilisé les paysages et l’architecture de l’archipel. Certaines scènes du film Le Comte de Monte-Cristo avec Pierre Niney y ont notamment été tournées, un sujet que j’ai développé dans mon article consacré aux lieux de tournage du Comte de Monte-Cristo.

Lorsque l’on pense au Népal, l’Everest et les grands treks de l’Himalaya viennent immédiatement à l’esprit. Pourtant, le pays ne se résume pas à ses sommets. Katmandou, Bhaktapur, les temples, les villages et les différentes communautés permettent de construire un voyage beaucoup plus large autour de la culture népalaise.
Pour la photographie, c’est justement cette diversité qui me semble particulièrement intéressante. Une même série pourrait alterner entre paysages de montagne, scènes de rue, architecture, portraits et vie quotidienne. Le trekking permet évidemment d’accéder à certains des paysages les plus spectaculaires du pays, mais il impose également de faire des choix concernant le matériel transporté. Quelques centaines de grammes supplémentaires deviennent rapidement perceptibles après plusieurs heures de marche. Je privilégierais donc un équipement relativement polyvalent plutôt qu’un sac rempli d’objectifs. En voyage, je préfère généralement pouvoir sortir rapidement mon appareil plutôt que chercher systématiquement la configuration techniquement parfaite.

Sortir des sentiers battus ne signifie pas nécessairement chercher un endroit où personne n’est jamais allé. À l’époque des réseaux sociaux et du tourisme international, cette idée devient d’ailleurs de plus en plus difficile à défendre. Pour moi, il s’agit plutôt de voyager avec davantage de curiosité. Quitter parfois les itinéraires les plus évidents, accepter de ralentir et consacrer davantage de temps à un territoire. Cela peut se faire à l’autre bout du monde comme à quelques heures de chez soi. Lors d’un roadtrip, une route secondaire ou un village découvert par hasard peuvent parfois laisser davantage de souvenirs que l’étape principale prévue sur l’itinéraire. C’est précisément ce que j’aime dans les voyages itinérants. Lors de mon roadtrip de deux semaines au Maroc, l’intérêt ne résidait pas uniquement dans les destinations finales, mais également dans la diversité des paysages rencontrés en chemin.
Photographier un territoire que l’on connaît peu commence par prendre le temps de l’observer. Avant de sortir systématiquement l’appareil, regardez comment les habitants occupent l’espace, comment la lumière évolue et quels éléments caractérisent réellement le lieu. Essayez ensuite de varier les images. Un paysage général permet de situer le territoire, un portrait apporte une dimension humaine, un détail révèle une matière ou une culture et une scène de vie raconte le quotidien.
Cette diversité permet de construire une véritable série photographique plutôt qu’une succession de cartes postales. Le matériel n’a pas besoin d’être exceptionnel. Un appareil et un objectif polyvalent peuvent largement suffire. Même un téléphone permet aujourd’hui de travailler sérieusement le cadrage et la lumière : j’ai d’ailleurs regroupé 10 astuces pour améliorer ses photos avec un smartphone. Le plus important reste finalement d’être disponible pour ce qui se passe devant vous.
Choisir une destination uniquement parce qu’elle est « méconnue » n’a pas beaucoup de sens. Commencez plutôt par identifier ce que vous recherchez réellement : randonnée, culture, grands espaces, photographie, gastronomie, rencontres ou simplement déconnexion. La Mongolie et le Kirghizistan conviendront davantage à ceux qui recherchent de grands espaces. Madagascar séduira particulièrement les amateurs de biodiversité. Oman combine facilement route, désert et patrimoine. Malte constitue une option plus accessible pour un séjour méditerranéen orienté culture et photographie.
Pensez également à la saison, au budget, aux distances et aux formalités nécessaires. Certaines destinations de cette liste demandent beaucoup plus de préparation que d’autres. L’objectif n’est pas d’aller le plus loin possible, mais de choisir le voyage qui correspond réellement à votre manière de voyager.
Bhoutan, Oman, Mongolie, Madagascar, Kirghizistan, Malte et Népal offrent sept manières complètement différentes de sortir des itinéraires les plus classiques. Certaines destinations sont davantage tournées vers la montagne, d’autres vers le désert, la culture ou la biodiversité.
Ce qui m’intéresse surtout dans ce type de voyage, c’est la possibilité de ralentir et de laisser davantage de place à l’imprévu. Un voyage ne se résume jamais aux lieux que l’on avait prévu de visiter. Les routes, les rencontres et les détours deviennent souvent une partie essentielle du récit. C’est également ce qui nourrit ma photographie de voyage : observer avant de photographier et essayer de raconter un territoire au-delà de ses images les plus connues. Pour continuer à chercher votre prochaine destination, retrouvez mes autres itinéraires, récits et reportages dans la rubrique Voyage & Destinations.

Le Bhoutan, la Mongolie, le Kirghizistan ou encore Madagascar permettent de découvrir des territoires très différents des grands itinéraires touristiques. Le choix dépend surtout du type de voyage recherché : montagne, désert, randonnée, culture ou biodiversité.
La Mongolie et le Kirghizistan sont particulièrement adaptés aux voyageurs attirés par les montagnes, les steppes et les paysages très ouverts. Oman constitue également une excellente option pour découvrir de grands espaces désertiques.
Toutes peuvent être intéressantes photographiquement. Oman se prête particulièrement aux paysages et au désert, Madagascar à la nature et à la photographie documentaire, tandis que la Mongolie, le Kirghizistan, le Bhoutan et le Népal combinent paysages, culture et rencontres.
Vérifiez les formalités d’entrée, les conditions de déplacement, la saison, les distances et les possibilités d’hébergement. Certaines destinations nécessitent davantage d’organisation ou un accompagnement local selon les régions parcourues.
Non. Un appareil léger avec un objectif polyvalent suffit dans de nombreuses situations. L’essentiel est surtout de maîtriser son matériel, d’observer la lumière et de pouvoir sortir rapidement son appareil lorsqu’une scène intéressante apparaît.