












En février 2020, alors étudiant à l’ISC Paris, je participe au 4L Trophy avec l’association étudiante ISC Motors. Nous sommes six étudiants, trois équipages et trois Renault 4L préparées pendant plusieurs mois pour prendre le départ de cette aventure jusqu’au désert marocain. Avec Thibault, je passe près de six mois à travailler sur les trois voitures avant le départ. Ma 4L est bleue, les deux autres jaune et blanche. Derrière le raid se cache donc déjà une aventure bien plus longue : préparer les voitures, anticiper les problèmes mécaniques et transformer un projet étudiant en quelque chose de très concret. À cette époque, je voyage encore assez peu. Je ne le sais pas encore, mais ce projet deviendra l’une des expériences fondatrices de mon goût pour le road trip, le voyage et le reportage photographique.


L’aventure commence bien avant de voir les premières dunes. Pendant six mois, nous préparons les trois Renault 4L au sein d’ISC Motors. Il faut apprendre, démonter, réparer, améliorer et surtout comprendre des voitures qui ont déjà plusieurs décennies derrière elles. Cette préparation fait partie intégrante du projet. Nous ne sommes pas simplement six étudiants qui montent dans trois voitures le jour du départ : nous avons passé des mois à les préparer pour qu’elles soient capables de parcourir plusieurs milliers de kilomètres à travers la France, l’Espagne et le Maroc. Évidemment, nous découvrirons assez rapidement que préparer une vieille 4L ne garantit pas qu’elle arrivera au bout sans histoire.


Pour nous, le 4L Trophy commence à Paris. Avant même de prendre officiellement le départ à Biarritz, il faut déjà traverser une partie de la France. Nous descendons avec nos trois voitures, faisons une première étape à Bordeaux puis rejoignons Biarritz et le village départ.
Le raid commence officiellement ici, mais plusieurs centaines de kilomètres nous attendent encore avant même d’apercevoir le Maroc. Nous traversons ensuite l’Espagne avec une nouvelle étape sur la route avant d’atteindre Algésiras, tout au sud du pays. De là, nous embarquons avec les 4L pour traverser le détroit de Gibraltar. Quelques kilomètres de mer seulement séparent alors deux continents et deux univers complètement différents.

C’est ma première fois au Maroc. En arrivant, je suis immédiatement marqué par le changement de culture et de paysages. Après plusieurs jours sur les routes françaises et espagnoles, tout semble soudain différent. Les couleurs, les villages, les routes, les reliefs et les scènes du quotidien donnent l’impression d’être beaucoup plus loin que ne le laisse penser la traversée depuis l’Espagne. Je ressens aussi une forme de simplicité et un quotidien très éloigné de notre réalité d’étudiants parisiens. Pour quelqu’un qui voyage encore relativement peu à cette époque, le dépaysement est immense. Naturellement, je photographie beaucoup : les routes, les paysages, les habitants rencontrés, les voitures et tout ce qui raconte cette première découverte du Maroc.

Une fois dans le désert, nous essayons de parcourir les différentes étapes avec nos trois voitures. La navigation, les pistes et surtout la mécanique en décident parfois autrement. La 4L jaune connaît notamment une panne pendant le raid. Il faut s’arrêter, comprendre le problème et repartir. Ces galères font rapidement partie du quotidien. Elles cassent le rythme, fatiguent, inquiètent parfois, mais deviennent aussi une partie essentielle des souvenirs. Nous ne sommes pas particulièrement là pour chercher la performance. L’objectif est surtout d’avancer ensemble et d’amener nos trois voitures jusqu’au bout de l’aventure.

Le bivouac reste l’un de mes souvenirs les plus forts du 4L Trophy. Le matin, on ouvre la tente au milieu du désert. Autour de nous, des centaines de Renault 4L et, progressivement, le bruit caractéristique des moteurs qui tentent de redémarrer. La fatigue commence à se lire sur les visages. Les journées de route s’accumulent, les nuits sont courtes et les voitures demandent constamment de l’attention. Mais l’adrénaline prend largement le dessus. Photographiquement, ces moments sont particulièrement intéressants. Il ne s’agit plus uniquement de montrer des voitures dans le désert, mais de raconter tout ce qui se déroule autour : les réveils, les réparations, les discussions, la poussière, les visages fatigués et l’excitation du départ.


Avec le recul, ce ne sont pas forcément les kilomètres ou les paysages que je place en premier lorsque je pense au 4L Trophy. Ce sont surtout les moments vécus ensemble. Les rigolades entre étudiants, les problèmes mécaniques, les heures passées sur la route, les arrêts improvisés et cette sensation d’être six à vivre quelque chose de complètement différent de notre quotidien. Le groupe, initialement réuni autour d’une association étudiante, devient au fil du projet un véritable groupe d’amis. Même les pannes finissent par faire partie de l’histoire. La 4L jaune nous donnera quelques sueurs froides pendant le raid, tandis que la blanche tombera à son tour en panne lors du trajet retour en Espagne.

Le 4L Trophy comporte également une dimension solidaire. Avec les autres équipages, nous transportons des dons destinés à l’association Enfants du Désert, engagée notamment dans l’accès à l’éducation des enfants du sud-est marocain. Cette dimension donne un autre sens au voyage. Derrière l’aventure automobile et étudiante, le raid permet aussi de participer à un projet collectif qui dépasse largement nos trois équipages. Elle fait partie intégrante du souvenir que je garde de cette première découverte du Maroc.

À cette époque, je photographie avec un Nikon D750. Ma démarche est encore modeste, mais l’envie de raconter est déjà présente. Je suis souvent copilote, notamment parce que je veux garder l’appareil à portée de main. Je photographie les 4L, les paysages, les habitants, les bivouacs, les amis et les galères mécaniques.
L’idée est alors assez simple : construire un reportage que nous pourrons partager avec l’école, nos amis et nos familles. Mais au fil des kilomètres, je prends surtout énormément de plaisir à raconter cette aventure en images. Je commence à comprendre que photographier un voyage ne consiste pas seulement à rapporter de belles images : il faut aussi conserver les détails, les moments ordinaires et tout ce qui permet de reconstruire une histoire.

Avec plusieurs années de recul, le 4L Trophy occupe une place particulière dans mon parcours. Avant cette aventure, je voyage relativement peu. Pendant plusieurs milliers de kilomètres, je découvre à la fois le road trip, le Maroc et le plaisir de documenter une expérience du début à la fin. C’est probablement l’un des premiers moments où photographie, vidéo et voyage commencent réellement à se rejoindre pour moi. Beaucoup d’autres projets personnels et voyages photographiques suivront ensuite, mais cette traversée jusqu’au désert marocain restera l’un de leurs points de départ. À notre retour, les trois 4L seront finalement revendues. L’aventure automobile s’arrête là. L’envie de repartir, elle, restera.


En parallèle du reportage photographique, je filme également l’aventure et réalise une vidéo publiée sur YouTube. La photographie permet de conserver les instants : une voiture perdue dans le paysage, un visage, une réparation ou un réveil au bivouac. La vidéo apporte le mouvement, les voix, les moteurs et toute l’énergie du raid. Cette première expérience de reportage mêlant photographie et vidéo préfigure déjà une approche qui occupe aujourd’hui une place centrale dans mon travail de photographe et réalisateur. Pour découvrir mes autres séries autour du voyage, de l’automobile et des territoires, rendez-vous dans la rubrique Projets ou contactez-moi pour imaginer un reportage photographique ou vidéo.
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Le 4L Trophy est un raid automobile et solidaire destiné aux jeunes, réalisé exclusivement en Renault 4L. L’édition 2020 reliait Biarritz au Maroc, avec une traversée de l’Espagne puis plusieurs étapes et bivouacs sur les pistes marocaines avant l’arrivée à Marrakech.
J’ai participé à la 23e édition du 4L Trophy en février 2020, alors que j’étais étudiant à l’ISC Paris et membre de l’association ISC Motors.
Nous étions six étudiants répartis dans trois équipages. Nous avons préparé trois Renault 4L pendant environ six mois avant le départ : une bleue, une jaune et une blanche.
Nous sommes partis de Paris avant de rejoindre Bordeaux puis Biarritz pour le départ officiel. Nous avons ensuite traversé l’Espagne jusqu’à Algésiras avant de prendre le ferry vers le Maroc et de poursuivre l’aventure sur les routes et les pistes marocaines.
Oui. Les problèmes mécaniques font presque partie de l’expérience avec des voitures de cet âge. Notre 4L jaune est notamment tombée en panne pendant l’aventure, tandis que la blanche connaîtra une panne sur le trajet retour en Espagne.
Les équipages participent à une collecte de dons en partenariat avec l’association Enfants du Désert. Lors de notre édition, nous avons nous aussi transporté des dons destinés à soutenir leurs actions au Maroc.
Le 4L Trophy fait partie des premières aventures que j’ai véritablement cherché à raconter en photographie et en vidéo. Avec mon Nikon D750, j’ai documenté les voitures, les paysages, les habitants, les bivouacs et la vie du groupe. Cette expérience a participé à construire mon goût pour le reportage, le voyage et les road trips.
Oui. En parallèle du reportage photographique, j’ai réalisé une vidéo de l’aventure publiée sur YouTube.