

























Du 26 décembre 2024 au 4 janvier 2025, je suis parti avec mon ami Vladimir à la découverte des Açores. Dix jours entre deux îles de l’archipel portugais : São Miguel, la plus grande, puis Pico, dominée par son volcan culminant à 2 351 mètres. Ce voyage était avant tout un nouveau terrain d’expérimentation photographique. Après plusieurs projets personnels consacrés au voyage, je voulais continuer à photographier ce qui se présente à moi sans chercher à construire chaque image. Observer, marcher, attendre et laisser les lieux imposer leur propre rythme.
Aux Açores, cette approche prend rapidement tout son sens. Ici, la météo change constamment. Le soleil peut disparaître derrière une masse nuageuse en quelques minutes, la brume engloutir un paysage et la pluie laisser soudainement place à une lumière totalement différente.


Le voyage commence à Ponta Delgada. Après une nuit passée à l’aéroport, nous découvrons la capitale de São Miguel au petit matin. Les façades blanches bordées de pierre volcanique noire, les rues pavées, les habitants et les voitures deviennent mes premiers sujets. Je photographie beaucoup en marchant. Pas nécessairement les lieux les plus spectaculaires, mais les scènes qui attirent mon regard : une silhouette traversant une rue, une porte colorée, une voiture garée devant une façade ou quelques secondes de vie quotidienne.
C’est une manière de photographier que je développe de plus en plus dans mon travail personnel : utiliser le voyage comme un prétexte pour observer un territoire autant que ceux qui l’habitent.




Aux Açores, attendre systématiquement une lumière spectaculaire serait probablement le meilleur moyen de revenir avec très peu de photographies. Le climat océanique impose autre chose. Nous avons rencontré le soleil, mais aussi beaucoup de nuages, de vent, de pluie et de brume. Plutôt que de lutter contre ces conditions, j’ai progressivement commencé à les intégrer à ma manière de photographier.
Mon approche est alors devenue davantage documentaire. Photographier ce que je voyais réellement, puis chercher dans les couleurs, les cadrages et les détails une manière de le sublimer. Un reportage auquel j’ai essayé de conserver un regard romantique, parfois presque pictural, sans transformer les Açores en une destination qu’elles ne sont pas.


São Miguel possède une palette assez singulière. Le noir de la roche volcanique côtoie des verts extrêmement denses, tandis que les façades, les portes et certains bâtiments introduisent des jaunes, des bleus ou des rouges particulièrement francs. Cette relation à la couleur est devenue l’un des fils conducteurs de la série. Certaines scènes me faisaient davantage penser à des compositions peintes qu’à des paysages traditionnels.
Je me suis donc éloigné volontairement d’une photographie uniquement descriptive pour travailler les rapports entre les formes, les couleurs et les personnages. Une démarche que je poursuis également à travers mes autres séries présentées dans la rubrique Projets.



Nous poursuivons notre exploration de São Miguel à travers plusieurs des paysages emblématiques de l’île : Sete Cidades et son immense caldeira, Lagoa do Fogo, puis Mosteiros sur la côte ouest. À Lagoa do Fogo, nous roulons une partie de l’après-midi dans l’espoir de découvrir le lac depuis les hauteurs. À notre arrivée, la brume a entièrement recouvert le paysage. Nous attendons, faisons voler le drone et observons les nuages circuler autour de nous.
Puis une ouverture apparaît. Quelques instants suffisent pour révéler une partie du lac avant que le paysage ne change à nouveau. Ce sont précisément ces moments imprévisibles qui donnent au voyage son rythme. À Mosteiros, l’ambiance est complètement différente. Le soleil descend sur l’Atlantique derrière les immenses formations rocheuses qui émergent de l’eau. Après plusieurs journées à composer avec la météo, cette lumière devient presque une récompense.



Le voyage nous conduit également à la plantation Chá Gorreana, où le thé est produit sur l’île depuis le XIXe siècle. À l’intérieur, mon regard change à nouveau. Je quitte momentanément les grands paysages pour photographier les machines, les matières, les gestes et les traces laissées par le temps. Ce type de lieu me permet de retrouver une approche proche de celle que j’adopte lorsque je photographie l’artisanat et les savoir-faire : raconter un environnement à travers les détails qui le composent plutôt que chercher une seule image spectaculaire.



Deuxième partie du voyage : l’île de Pico. Ici, le paysage semble encore plus directement façonné par les éléments. Les murs de pierre volcanique découpent les prairies, l’océan reste presque constamment visible et, au centre de tout, le mont Pico domine théoriquement l’île. Théoriquement, car pendant une bonne partie de notre séjour, nous le devinons davantage que nous ne le voyons. La brume devient omniprésente. Elle efface les distances, absorbe les reliefs et transforme complètement les paysages. Là encore, plutôt que d’attendre qu’elle disparaisse, je décide de la photographier.


L’un de nos objectifs à Pico était de gravir le mont Pico et d’atteindre son sommet à 2 351 mètres, point culminant du Portugal. Mais le voyage ne se déroule pas toujours comme prévu. Les conditions météorologiques et surtout le vent rendent finalement l’ascension impossible. Nous devons renoncer. Ce contretemps devient pourtant une partie intégrante du reportage. À défaut de photographier le sommet, je photographie ce qui l’entoure : les pâturages noyés dans la brume, les arbres déformés par le vent, les murs de pierre noire, les animaux et cette humidité qui semble envelopper toute l’île. Le sujet n’est finalement plus vraiment l’ascension du Pico, mais l’atmosphère créée par son absence.




Ce voyage m’a rappelé quelque chose d’assez simple : une destination n’a pas besoin d’offrir en permanence des conditions parfaites pour être photographique. Lorsque les grandes lumières disparaissent, le regard se déplace. Je photographie davantage les personnes, les détails, les textures, les animaux ou les scènes ordinaires rencontrées sur la route.
C’est probablement ce que je retiens le plus de cette série. Accepter ce qui se présente plutôt que chercher constamment l’image que j’avais imaginée avant de partir. Le réel reste mon point de départ. Mon travail consiste ensuite à choisir comment le regarder : par le cadre, la couleur, la lumière et parfois une certaine forme de poésie.



En parallèle de cette série photographique, j’ai documenté le voyage en vidéo à travers plusieurs formats courts réalisés pour les réseaux sociaux. Ces images en mouvement permettent de montrer ce que la photographie laisse volontairement hors cadre : les changements soudains de météo, le vent, les déplacements, les recherches de points de vue et les imprévus du voyage.
Quatre Reels ont accompagné la série sur Instagram et cumulé plus de 3 700 vues. Photographie et vidéo deviennent ainsi deux écritures complémentaires d’une même expérience. Cette complémentarité entre image fixe et image en mouvement fait aujourd’hui partie intégrante de mon approche de photographe et réalisateur, aussi bien dans mes projets personnels que dans mes travaux de commande.
Je suis revenu des Açores sans certaines des photographies que j’avais imaginées avant de partir. Le mont Pico est resté caché, certains panoramas ont disparu derrière les nuages et plusieurs journées ont été rythmées par la pluie. Mais c’est précisément ce qui a donné son identité à cette série. São Miguel et Pico m’ont poussé à ralentir et à observer autrement. À chercher une photographie dans un visage, une couleur, un mur volcanique ou une silhouette perdue dans la brume plutôt que dans la seule grandeur d’un paysage.
Une série entre reportage et photographie de voyage, construite au fil de dix jours passés au milieu de l’Atlantique. Vous pouvez découvrir mes autres projets photographiques, poursuivre le voyage à travers le Journal ou découvrir une sélection de mes images disponibles en tirages et livres photographiques. Pour me confier un reportage photographique ou un projet autour du voyage, de l’hospitality ou de l’art de vivre, contactez-moi.

Vous recherchez un photographe pour documenter un restaurant, un hôtel, un lieu de réception ou un événement haut de gamme ?
Cette série a été réalisée entre le 26 décembre 2024 et le 4 janvier 2025, lors d’un voyage de dix jours dans l’archipel des Açores, au Portugal.
Le reportage se concentre sur deux îles : São Miguel et Pico. À São Miguel, le voyage passe notamment par Ponta Delgada, Sete Cidades, Lagoa do Fogo, Mosteiros et la plantation de thé Chá Gorreana.
Oui, mais la météo peut être particulièrement changeante. Soleil, pluie, vent et brume peuvent se succéder rapidement. Ces conditions ont fortement influencé l’esthétique et l’approche documentaire de cette série.
Non. L’ascension du mont Pico était prévue pendant notre séjour, mais les conditions météorologiques et le vent nous ont contraints à l’annuler.
Oui. Le voyage a été documenté en photographie ainsi qu’en vidéo à travers plusieurs Reels réalisés pour Instagram.
L’objectif était de documenter les Açores telles qu’elles se présentaient pendant le voyage. La météo très changeante m’a amené à travailler davantage comme un reportage, en accordant autant d’importance aux habitants, aux détails et aux couleurs qu’aux grands paysages volcaniques.