



















En août 2023, je suis parti avec ma sœur Garance pour faire le tour de Belle-Île-en-Mer à pied. Quatre jours, trois nuits et environ 75 kilomètres de marche autour de l’île, depuis Le Palais jusqu’à Sauzon, Bangor et Locmaria, avant de refermer la boucle. Pendant cette randonnée itinérante, j’ai photographié et filmé notre progression avec l’envie de raconter autant les paysages de Belle-Île que l’expérience de la marche elle-même : les kilomètres qui passent, les changements de lumière, les rencontres et ces détails qui finissent par constituer les souvenirs d’un voyage. Ce projet s’inscrit dans mon travail personnel de photographe et réalisateur autour du voyage, de l’outdoor et des territoires. Une sélection de ces séries est à retrouver parmi mes projets photographiques.


Le voyage commence à Quiberon. À mesure que le ferry quitte le continent, Belle-Île apparaît progressivement à l’horizon. Quelques dizaines de minutes plus tard, nous débarquons au Palais avec nos sacs et quatre jours de marche devant nous. Notre itinéraire forme une boucle complète autour de l’île. La première nuit est prévue à Sauzon, la deuxième à Bangor, la troisième à Locmaria, avant un retour au Palais lors de la dernière journée.
Environ 75 kilomètres séparent le départ de l’arrivée. Mais sur une randonnée itinérante, la distance ne raconte qu’une partie de l’expérience. Le terrain, les montées, les descentes, la météo et les heures passées à avancer finissent par modifier complètement notre perception du territoire.



Marcher offre une manière particulière de voyager. Les paysages ne défilent pas derrière une vitre : ils apparaissent lentement, après une montée, au détour d’un sentier ou lorsqu’une falaise révèle soudainement l’océan. Dès les premiers kilomètres, Belle-Île impose son caractère. Le sentier longe les falaises, descend vers des criques puis remonte vers les plateaux. La lande, les rochers et l’Atlantique accompagnent presque continuellement la progression.
Cette lenteur modifie également ma manière de photographier. Je ne cherche pas uniquement les grands panoramas. Une silhouette, une ombre, une couleur ou un détail aperçu quelques secondes peuvent devenir aussi importants qu’un paysage spectaculaire. C’est cette attention portée aux personnes, aux lieux et aux atmosphères que je développe plus largement dans mon approche photographique, qu’il s’agisse de projets personnels ou de commandes.



La première journée nous conduit vers le nord de l’île jusqu’à Sauzon. Peu à peu, l’animation du Palais disparaît et le sentier côtier prend le dessus. Les constructions deviennent plus rares, l’horizon s’ouvre et l’océan accompagne presque chaque portion du parcours. Je photographie les grands espaces, mais également ce qui se déroule autour de nous : un bateau isolé, une personne rencontrée sur le chemin, nos ombres projetées sur les rochers ou simplement une lumière qui transforme quelques instants une scène ordinaire. La photographie devient progressivement un carnet de route. Elle permet de conserver non seulement les lieux traversés, mais aussi la manière dont nous les découvrons.


Le lendemain, nous reprenons le chemin en direction de la partie occidentale de l’île. Le parcours traverse certains des paysages les plus impressionnants de Belle-Île : falaises, criques, plages et grandes étendues ouvertes sur l’Atlantique se succèdent au fil des kilomètres. La présence humaine se fait parfois très discrète. Une silhouette peut suffire à donner toute son échelle au paysage. Ce projet n’a pourtant jamais été pensé comme un inventaire des lieux à voir à Belle-Île. Mon objectif était davantage de construire une série cohérente autour du territoire et de l’expérience vécue, une démarche que l’on retrouve plus largement parmi mes projets photographiques.

La deuxième étape nous conduit jusqu’à Bangor. Belle-Île alterne continuellement entre grands espaces et portions beaucoup plus intimes. Certaines parties du sentier dominent largement l’océan tandis que d’autres disparaissent dans la végétation avant de rejoindre une nouvelle crique. Le soleil accompagne une grande partie de notre progression. La lumière estivale révèle des couleurs particulièrement présentes : le bleu profond de l’océan, les herbes dorées, la pierre et les façades colorées des villages. Cette palette donne à une grande partie du reportage une identité lumineuse et estivale. Pourtant, le lendemain matin, l’atmosphère change complètement.



Au réveil, alors que nous devons rejoindre Locmaria, une importante brume enveloppe Belle-Île. En quelques heures, le territoire que nous observions jusque-là sous le soleil semble avoir disparu. La mer et le ciel se confondent, les distances deviennent difficiles à évaluer et certaines silhouettes apparaissent quelques secondes avant de s’effacer à nouveau. Le changement est spectaculaire. Photographiquement, cette matinée restera l’un des moments les plus marquants de la randonnée. Sans changer de lieu, la météo suffit à créer un tout autre paysage. Les couleurs deviennent plus discrètes et l’atmosphère beaucoup plus silencieuse.
Ces variations de lumière et de météo font partie de ce qui m’intéresse particulièrement dans la photographie de voyage. Elles obligent à accepter l’imprévu et à adapter son regard plutôt que de chercher à reproduire une image imaginée à l’avance. Je partage également cette approche du voyage, de la photographie et des destinations à travers les récits publiés dans mon Journal.

La troisième journée se poursuit en direction de Locmaria, notre dernière étape avant le retour au Palais. Après plusieurs dizaines de kilomètres, une routine s’est installée. Marcher, observer, photographier, filmer, repartir. La randonnée impose naturellement un autre rapport au temps. Le voyage ne se résume plus à une succession de destinations. Il se construit dans tout ce qui les sépare : un chemin, une pause, un changement de lumière ou quelques minutes passées face à l’océan.
Lorsque tout le matériel photographique doit également être transporté pendant plusieurs jours, chaque image implique un choix. Il faut trouver un équilibre entre le désir de photographier et la nécessité de continuer à avancer.


Après une troisième nuit à Locmaria, nous reprenons le sentier pour une dernière journée de marche. La côte sud-est de Belle-Île nous accompagne progressivement vers Le Palais. Les derniers kilomètres ont une saveur particulière : la fatigue est bien présente, mais le point d’arrivée se rapproche. Puis Le Palais réapparaît. Après quatre jours, trois nuits et environ 75 kilomètres à pied, nous retrouvons exactement l’endroit depuis lequel nous étions partis. La boucle est refermée.


Ce projet s’inscrit dans une démarche que je développe régulièrement dans mon travail personnel : utiliser le voyage comme terrain d’observation photographique. Je ne cherche pas uniquement à documenter une destination. Ce qui m’intéresse se trouve souvent dans les transitions et les détails : une personne croisée quelques secondes, une ombre, une façade, une lumière ou une couleur qui attire soudainement le regard.
La photographie devient alors une manière de conserver des fragments du voyage plutôt qu’une simple succession de lieux remarquables. Cette approche est visible plus largement dans mon travail de photographe et réalisateur, où le territoire, les personnes et la narration occupent une place centrale.

Pendant les quatre jours du Tour de Belle-Île-en-Mer, j’ai également filmé notre progression. La vidéo apporte une dimension différente au récit. Elle restitue le mouvement de l’océan, le vent, le rythme de la marche et les changements d’atmosphère que la photographie fixe dans un seul instant. J’ai réalisé quatre Reels, construits comme quatre épisodes de cette aventure. Diffusées sur Instagram, ces vidéos ont cumulé plus de 110 000 vues.
Photographie et vidéo deviennent ainsi deux écritures complémentaires : l’une permet d’isoler certains instants tandis que l’autre restitue davantage l’expérience et la progression du voyage. Cette complémentarité entre image fixe et mouvement fait aujourd’hui partie intégrante de mon travail. Vous pouvez découvrir une sélection plus large de mes projets photo et vidéo.
Lorsque je repense à Belle-Île-en-Mer, je ne retiens finalement pas un seul paysage. Je pense plutôt à une succession d’images : le ferry quittant Quiberon, les premières falaises, une silhouette face à l’océan, les couleurs chaudes de la fin de journée, nos ombres sur les rochers et cette matinée où la brume a complètement effacé l’horizon. Faire le tour d’une île à pied crée une relation particulière avec le territoire. Pendant quatre jours, chaque journée commence exactement là où la précédente s’est arrêtée. Jusqu’à revenir au Palais.
75 kilomètres plus tard, le point d’arrivée était le même que celui du départ. Le regard, lui, avait changé.
Certaines de mes séries personnelles se prolongent également à travers des éditions physiques. Vous pouvez découvrir une sélection de tirages et livres photographiques dans la boutique.

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Le tour de Belle-Île-en-Mer représente environ 75 à 80 kilomètres de marche, selon les variantes empruntées. Pour ce projet, nous avons parcouru environ 75 kilomètres en quatre jours.
Nous avons choisi de réaliser le parcours en 4 jours et 3 nuits. Cette durée permet de répartir les kilomètres tout en conservant du temps pour profiter du territoire. Dans mon cas, ce rythme permettait également de photographier et de filmer régulièrement pendant la randonnée.
Notre boucle débutait et se terminait au Palais. Nous avons passé notre première nuit à Sauzon, la deuxième à Bangor et la troisième à Locmaria, avant de rejoindre Le Palais lors de la quatrième journée.
Oui. Une fois arrivé en ferry au Palais, le voyage peut être réalisé entièrement à pied en suivant le sentier côtier autour de l’île. C’est précisément ce qui rend cette randonnée intéressante : pendant plusieurs jours, la marche devient le principal moyen de découvrir le territoire.
Nous avons réalisé cette randonnée en août 2023 et bénéficié d’une météo majoritairement ensoleillée. Une importante brume a néanmoins recouvert l’île pendant une matinée sur la route de Locmaria, transformant complètement l’atmosphère et donnant naissance à certaines des images les plus singulières du projet.
Le principal enjeu consiste à trouver un équilibre entre qualité d’image et poids du matériel. L’appareil doit rester suffisamment accessible pour pouvoir photographier spontanément sans interrompre constamment la progression. Cette contrainte influence directement ma manière de travailler et pousse à observer davantage avant de déclencher.
Les deux formats permettent de raconter des dimensions différentes d’une même aventure. La photographie isole des paysages, des gestes ou des détails, tandis que la vidéo restitue davantage le mouvement, le son et le rythme du voyage. Pour découvrir d’autres exemples de cette approche, vous pouvez parcourir mes projets photo et vidéo.
Oui. J’accompagne des marques, des lieux et des acteurs du tourisme dans la création de contenus photographiques et vidéo autour du voyage, de l’outdoor et des territoires. Pour présenter votre projet, vous pouvez me contacter directement.